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07 janvier 2013

La tentation de la provocation, et vice-ver(seau) : Mars carré Saturne

 "Tu quoque!"- Jules César (Carré Mars/Saturne natal)


   






















Quel lien y a-t-il entre Elisabeth II et François Chérèque?  Il ne s'agit pas d'un scoop sur une improbable liaison entre la souveraine d'Angleterre et le secrétaire général du puissant syndicat ouvrier Français, ni d'un discours sur la pilosité : L'un et l'autre ont simplement en natal le même redoutable aspect de carré entre les deux planètes maléfiques de la Tradition. De plus leur Mars est en Verseau et leur Saturne en Scorpion, la même configuration astrale que celle qui obscurcit notre ciel cette semaine. Voyons comment ce trait de caractère s'exprime chez ces deux hommes personnalités (en gardant à l'esprit qu'il ne les constitue pas seul, et qu'on ne saurait réduire un individu psychologiquement complexe à un simple schéma, même très signifiant comme peut l'être ce carré).

Chez Élisabeth, si l'on peut considérer que la force de Saturne est pour la plus grande part représentée par la puissance de l'establishment et du protocole (très rigides, exigeants, voire contraignants en Scorpion), lesquels sont jalousement et passionnément observés et conservés chez les britanniques non seulement parmi les classes aristocratiques mais aussi dans les classes sociales populaires, par le biais des journaux traditionnellement attachés aux symboles de la royauté, nous sommes enclins à conclure que la frustration éventuelle des désirs d'affirmation personnels est indissociable de la double notion de devoir et de pouvoir. C'est surtout Mars en Verseau, par sa position, qui joue un rôle tantôt perturbateur et tantôt moteur dans la vie de la souveraine et de son empire. Ainsi elle se distingue durant la guerre comme mécanicienne, à dix-huit ans, conduisant des camions militaires et portant l'uniforme... Comme son père pionnière des médias de masse, elle s'adresse à l'ensemble de l'empire, insistant : "Les progrès de la science me permettent de faire ce qu'aucun de mes ancêtres n'a pu faire..." Chez elle ordre, (pouvoir) et technique sont intimement liés. Elle monte en amazone durant les cérémonies militaires, et, parait-il, les seules larmes qu'on lui voit verser sont pour le navire HM Britannia, véritable bunker nucléaire flottant, lors de son désarmement. Si elle déroge peu au protocole, un fort caractère d'indépendance la contraint parfois à agir ou à décider de façon décalée, inappropriée, ce qui outre Manche est d'ailleurs aussi bien interprété comme une volonté d'avancée sociale ou d'émancipation pour son peuple que, à l'inverse, comme une série d'étourderies et de bourdes à réparer, dues à un naturel individualiste à la fois impulsif et indécis. Tiraillée, semble-t-il, entre une certaine, disons androgynie de caractère et le devoir de s'affirmer en tant que femme, c'est peut-être à elle que les Anglaises doivent (surtout en France, peut-être) cette réputation de manifester d'une façon quelque peu masculine et inflexible la revendication de leur féminité souvent si caractéristique (et touchante, au fond). Les récents jeux olympiques de Londres, tout habillés de rose et tenus (hérésie astrologique, d'ailleurs!) lors du passage de Mars en Balance, où l'on put voir la reine sauter en parachute d'un hélicoptère en vol, pourraient, au-delà de l'aspect folklorique, donner une certaine idée des contradictions, parfois presque tragiques, inhérentes à cette configuration astrale et de la difficulté de concilier certaines aspirations, par exemple lorsque la guerre pour un certain idéal se heurte à des limites simplement physiologiques, viscérales, intemporelles.

Chez François Chérèque ("seule la réforme peut changer le monde") la contradiction vient de ce que l'homme, qui a mobilisé et patiemment canalisé toutes ses forces et ses idéaux dans la lutte sociale, est pourtant surtout connu pour son talent... de négociateur. On le présume apte, il est vrai, à restreindre et à diriger l'agressivité de ses militants, puisqu'il est jugé capable de juguler la sienne. Cette capacité, ou dignité, fondée sur une connaissance et une certaine maîtrise des émotions humaines, lui a en grande partie, sans doute, valu son rôle de secrétaire général de la CFDT. Mais parce qu'elle implique aussi la possibilité du dialogue avec l'ennemi au lieu du "choix" de l'explosion, qui est souvent l'expression la plus pure de la révolte véhiculée et nourrie par le carré de Mars à Saturne, ses nombreux opposants n'hésitent pas à le qualifier de "traître", de "complice" et même de "collabo". Pour lui, en somme, l'ennemi est partout, aussi bien dans ses propres rangs que dans le patronat, et les obstacles à sa lutte interne et externe sont constants. Plus encore, sous l'influence de ce carré, certains sont susceptibles de naître de ses propres restrictions et inhibitions, lesquelles, si elles n'ajoutent à son ressentiment, ne peuvent qu'attiser celui des autres... L'action et la révolte sont normalement des forces de son caractère; la modération est un exercice particulièrement éprouvant pour une telle nativité, aussi les accès de colère violents, redoutables, ne sont jamais totalement à exclure. De là sans doute le choix du titre, à double-tranchant, de son livre : Si on me cherche...

Mars et Saturne sont traditionnellement parmi les significateurs et les déclencheurs directs ou indirects de situations critiques et potentiellement explosives, en particulier lors de leurs carrés mutuels. L'empereur Jules César avait ce carré de Mars et Saturne dans son thème, et la vie de cet homme illustre fut une réelle tragédie, son appétit immense de conquêtes (Mars) triomphant avec une rageuse insouciance de toutes les frontières et les limites (Saturne) jusqu'à ce que l'obstacle final, lentement élaboré par son húbris même, révèle à travers l'ultime regard de son fils à quel point il s'était en réalité, peu à peu, entouré d'ennemis mortels. Et ceci, amis, est pourtant de l'histoire au sens moderne du terme. On n'accumulera pas les exemples, innombrables, qui ne font que répéter ce schème.
Le tragique survient lorsque une situation de tension (ici un carré, indiquant une crise) se noue peu à peu obscurément entre des pulsions si fondamentalement inconciliables qu'elles ne peuvent plus trouver le moindre exutoire sinon dans une action radicale, au caractère définitif. En ce que l'échappatoire unique du tragique est la tragédie elle-même, cette action acquiert un caractère mythique, fondateur et donc sacré. La résolution du conflit étant le fondement même de toute idée de stabilité dans l'individu et dans la société, cette dernière s'est donc peu à peu établie grâce à la culture, qui n'est donc, sous sa forme extérieure, qu'une compilation d'abominations de tous ordres, n'ayant sur les esprits un effet cathartique que dans la mesure où l'inadéquation existe déjà en puissance (le personnage tragique est secondaire, en ce sens qu'il se confond avec l'acte lui-même, dont il n'est en somme que l'instrument provisoire, le véhicule : dans la tragédie, seul compte véritablement le dénouement, lequel seul ajoute à l'édification sociale raisonnée - c'est du moins ainsi que l'entendaient les plus anciens civilisateurs, encore concevaient-ils déjà le tragique comme une projection et ne le recherchaient-ils déjà plus dans le monde réel d'où ils travaillaient au contraire à son bannissement par l'élaboration d'un ordre mythologique, qui constitue de fait, tout en la reflétant, une grande part de notre psychologie profonde. Mais peut-on jamais prétendre avoir épuisé le tragique?).
Ce n'est semble-t-il qu'assez récemment que l'inverse s'est également "révélé", savoir l'aspect incitateur de tels exemples (j'emploie des guillemets car à ma connaissance aucune étude sérieuse ne confirme ce point : Il s'agit de témoignages épars au caractère "moralisateur" ou disculpatoire, quoique souvent relayés à grande échelle par les médias. Sans plus. Mon sentiment est que toute tentative d'affadissement du principe mythologique pourrait refléter la nostalgie d'un âge pré-primitif, d'un temps primordial complètement hypothétique, homérique, où l'homme en tant qu'espèce eût encouragé l'action tragique. Ma crainte est quelquefois, sous Uranus en Bélier, que cet encouragement ne participe en définitive que d'un spectaculaire complètement gratuit, ne servant plus à l'édification de rien ni de personne, j'entends) (1).

Aussi que dire de la synastrie? Pour un astrologue, il s'agit d'un des rares aspects qui soient considérés comme absolument négatifs et destructeurs. La position des planètes dans les deux thèmes importe peu. J'ai fait la connaissance voilà deux ans d'une collègue New Yorkaise dont le Saturne natal forme ce carré à mon Mars, et bien que nous sachions tous deux à quoi nous en tenir sur cette incompatibilité majeure, la nécessité de rapports sociaux réguliers (s'ajoutant à la moindre des politesses) a fini par tisser des liens débordant le cadre strictement professionnel (Mars et Vénus indiquent le passionnel). La relation est globalement désastreuse : Nos divergences sont systématiques et fondamentales, nos conversations ont l'aspect d'un champ de bataille où chaque phrase amicale, chaque accès de tendresse serait une bombe en puissance, reçus avec la plus grande circonspection. D'un point de vue strictement astrologique une telle relation ne peut exister sans se révéler entièrement destructrice. La sagesse aurait été de s'en tenir à ce point purement traditionnel, cependant il arrive que mon Mars (en Verseau, précisément) veuille l'abolition des limites au nom d'idéaux parfois fort vagues - en fait l'idéal lui-même est toujours susceptible de s'effacer derrière le principe de l'idéal : La croisade importe plus que Jérusalem, la quête est tout et le Graal peu de choses. Par moments uranien, prométhéen, il a toute limitation formelle, toute privation et tout autoritarisme en horreur.  Précisons, pour son Saturne en IX, et donc à-propos de limitations, que ma collègue, évoluant dans un milieu strictement hassidique, pratique le judaïsme le plus dogmatique dans l'intention d'être rabbin. Je doute qu'elle se contente d'un athée militant, qui pousse la mécréance jusqu'à se permettre d'affirmer définitivement à l'encontre de la Loi Révélée que l'homme doit (évidemment) se nourrir avant ses chiens... Or Mars en Verseau se bat d'abord pour l'humanisme, et d'ailleurs ce carré n'aide pas à entendre ni faire entendre raison (Cette personne est au demeurant charmante sous d'autres points de vue, mais fermons cette parenthèse hantée. Ma circoncision ne figure pas parmi mes projets immédiats).

Pour César les positions des planètes sont cependant différentes de celles qui nous préoccupent et c'est la bonne nouvelle du jour, bien qu'un carré reste un carré, une crise reste une crise... Ajoutons pour l'anecdote que César partage cet aspect avec la sublime Claudia Schiffer, en apparence froide et distante, au physique et à la discipline parfaites, martiaux pour une femme si l'on me passe l'oxymore (le défilé sans les armes, l'intériorisation du conflit et la conquête de soi-même allant de pair avec celle du monde). Autre point commun : les jambes, à en croire les annales...

C'est une bonne nouvelle car Mars et Saturne sont ici en réception mutuelle, à savoir que comme Mars est le premier maître traditionnel du signe du Scorpion (le second après Pluton pour les modernes), et Saturne est le premier maître du Verseau (le second après Uranus pour les modernes), les deux planètes se maitrisent mutuellement, se neutralisant d'une certaine façon. Si la maîtrise saturnienne prend le pas sur celle d'Uranus, comme c'est parfois le cas, tout au plus rencontrerons-nous quelques frustrations, quelques retards dûs à des considérations plus ou moins morales (qui pourraient n'être en fait que prétextes d'affirmation d'autorité personnelle), la nécessité de se concentrer sur son but et sans doute quelques excès d'autodiscipline, une tendance à se focaliser en priorité sur des tâches particulièrement ardues ou sur des problèmes particulièrement difficiles - ou encore à ne voir que le coté pénible d'une situation. Une certaine froideur et une certaine distance sont possibles, les émotions étant provisoirement refoulées. 

Lorsque la tendance uranienne prédomine, froideur et détachement demeurent, mais par contre l'aspect peut se révéler beaucoup plus critique, tout au moins dans l'absolu. Les difficultés de concentration, le manque de méthode peuvent entrainer des actions dénuées de sens, absurdes, voire dangereuses pour soi-même et pour les autres, d'où l'embrasement de conflits dont on peut difficilement définir la raison. Les excès d'originalité pourraient en fait s'opposer à la direction naturelle des instincts plutôt que de leur ouvrir la voie sur une libre expression créatrice. Les relations avec l'autre sexe, notamment, pourraient s'avérer tendues et tissées d'incompréhensions. Une excessive nervosité pourrait se muer en agressivité et en rébellion, ce qui risque de s'exprimer par une activité désordonnée, au mieux, mais aussi par une action radicale et une violence aveugle, des velléités indépendantistes, séparatistes, fondamentalistes, des atteintes aux forces de l'ordre. Des conflits sont à craindre entre les valeurs traditionnelles, ou traditionalistes, et des comportements délibérément et systématiquement provocateurs, immoralistes ou simplement irresponsables. L'éventualité d'une répression activiste brutale des attitudes et des tendances anticonformistes n'est pas à exclure. 

Tout naît de la tension, pensaient les stoïciens. Si l'on parvient à éviter ces écueils toutefois, la réception mutuelle Mars-Uranus et le trigone Mars-Jupiter (ce dernier formant lui-même un sextile à Uranus), vont dans le sens d'un développement et d'une avancée spectaculaire (sur le plan des idées d'avant-garde en particulier), un dépassement de soi ou des victoires individuelles sur soi-même intéressant l'humanité dans son ensemble, des découvertes géniales, inattendues, ou des progrès significatifs dans les domaines scientifiques et technologiques.

 
















Les plus grandes découvertes ont été faites par des hommes, les uns s'étant incidemment tournés vers le ciel, les autres s'étant contentés de regarder ce qui se trouvait sous leurs pieds.  Il y a quelques jours, la météorite martienne Black Beauty (à gauche), vieille de plusieurs milliards d'années, nous en a appris d'avantage sur l'histoire du système solaire que le robot martien Curiosity, fleuron de la technologie scientifique moderne (à droite). "Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas", aurait dit Hermès le Trismégiste : la connaissance de l'ordre sublunaire se confond avec celle de l'ordre universel. Les vérités les plus anciennes (Saturne) peuvent se révéler, par leur redécouverte, proprement révolutionnaires, susceptibles de bouleverser tout un paradigme culturel et scientifique (Uranus). Le savoir n'appartient donc pas nécessairement au futur, il s'agit quelquefois de le déterrer parmi les ruines d'un passé révolu, mais il ne se révèle jamais qu'en son temps. Et il est d'ailleurs exact que les aspirations d'un Mars en Verseau sont telles qu'il est parfois nécessaire de les rappeler... sur Terre : Mars dans cette position tend à se couper du monde pour le conquérir d'une façon tout extérieure.

Plus précisément, une nouvelle "philosophie de l'action", ou des (re) découvertes importantes concernant le fonctionnement de la conscience, notamment sur la "psychologie des profondeurs" (la conjonction Mercure-Pluton incline vers la compréhension des fondements de la dynamique vitale) pourrait aussi figurer parmi les fruits d'une telle configuration planétaire. La tendance actuelle à la vulgarisation immédiate de telles découvertes (Uranus en Bélier) pourrait devoir toutefois être réprimée dans un premier temps pour diverses raisons, allant du simple bon sens au mercantilisme en passant par les questions de moralité, de responsabilité, voire de secret militaire... La Tradition parlerait, elle, de discipline de l'Arcane (2). 

Notes 

(1) "Les tragédies de l'Histoire révèlent les grands hommes : Mais ce sont les médiocres qui provoquent les tragédies"  - Maurice Druon

(2) Il peut être utile de rappeler ici les limites, disons, de toute interprétation symbolique : Un symbole est toujours par définition biface, ambivalent, il est constitué de deux significations antithétiques qu'il résout en soi-même. Or à moins d'être soi-même un symbole, ou de le prétendre, c'est une faculté que même nous, astrologues, n'avons pas. Ainsi nous faut-il souvent trancher entre deux interprétations tout aussi juste l'une que l'autre, et parfois laisser certaines questions en suspens. La tendance à la vulgarisation immédiate (notamment scientifique) que nous évoquons, en rapport avec Uranus en Bélier, peut s'avérer, au contraire, dans des conditions astrales différentes, une nouvelle possibilité d'évoluer offerte par les techniques modernes de communication, un progrès humain et humaniste considérable, et sa répression une atteinte aux libertés individuelles et collectives.

11 octobre 2012

Ingrès de Saturne en Scorpion et réception réciproque avec Pluton : 1 - L'Oeuvre au Noir

Und so lang du das nicht hast, 
Dieses: Stirb und Werde! 
Bist du nur ein trüber Gast 
Auf der dunklen Erde. (1)
(Johann Von Goethe, Saturne et Pluton en Scorpion, à l'Ascendant)

Saturne a séjourné trois ans dans le signe de la Balance où la planète a pesé sur les responsabilités sociales en général, la justice et les traditions, et sur nos propres responsabilités relationnelles, continuellement menacées et malmenées par l'individualisme exacerbé, le détachement et le rejet impulsif de tout formalisme impliqué par Uranus en Bélier affligé par Pluton. Sur un plan personnel, ce transit a pu permettre la consolidation de liens anciens ou particulièrement significatifs, leur organisation ou même pour les plus inspirés d'entre nous leur officialisation ou leur légalisation. Sur un plan plus général il s'est surtout agi de maintenir en douceur le 'contrat social', soient les structures interhumaines fondamentales, menacées de toutes parts. L'exaltation traditionnelle de Saturne en Balance suppose que la planète y est non seulement très puissante dans son action, mais aussi que ses traits négatifs y sont moins prononcés, adoucis sans doute par les vertus équilibrantes et tempérées de Vénus qui maîtrise le signe. Nous avons abordé ailleurs ce transit en détail ou en filigrane, mais de façon nécessairement constante, puisque Saturne est la planète qui marque les limites des mouvances et des influences collectives et donc qui indique à chacun selon sa propre maturité les étapes décisives traversées par son époque, sa génération. 

En conjonction avec Mercure, maître des signes intellectifs de la Vierge et des Gémeaux, et exalté en Balance où se trouve actuellement le Soleil pourvoyeur de Raison, Saturne a pu finalement être assimilé à un facteur de croissance pour la conscience, et, en Balance surtout, il l'a sans doute été d'une prise de conscience collective, de responsabilisation, de prise en considération de certaines puissances impersonnelles susceptibles de nuire à l'ordre cosmique. Il a ainsi été le vecteur d'un élargissement potentiel de conscience pour le Monde.

Il y a quelques jours Saturne est entré dans le signe du Scorpion. Voici la carte de l'ingrès :

Si l'on s'en tient à une interprétation rigoureuse, constatons que la nature a basculé du coté obscur de la force... En positions, les trois bénéfiques traditionnels (Soleil, Jupiter et Vénus) sont en débilité (chute et exil), tandis que les 'maléfiques' occupent une place prépondérante (Mars est en domicile en Scorpion - et dispose de l'ingrès à un degré près, s'il faut pleurer, c'est le moment - tandis que Saturne et Pluton sont en réception réciproque). On pourrait penser que les valeurs vénusiennes de conciliation et d'harmonisation, très féminines, tendent à s'effacer pour d'autres types de relations, certainement moins altruistes et plus agressives.

En aspects, la conjonction Lune-Jupiter, prise isolément et en trigone au Soleil en Balance, indiquerait la possibilité d'un réflexe des idéaux humanistes, et la conjonction Mercure-Saturne pourrait imposer des limites aux divagations de certains cultes et certains média, par une réflexion poussée sur les motivations profondes des individus et des masses, au risque de froisser certaines sensibilités et de heurter certaines habitudes de confort. En somme cet ingrès apporte aussi son lot d'espérances réalistes et d'optimisme, mais, avouons-le, dans un climat globalement très sombre.

Avant d'analyser en détail le transit de Saturne en Scorpion, et sa réception par Pluton, commençons par acquérir une sorte de vision panoramique des analogies et des mythologies associées à ce contexte. Dans la mythologie, il existe un rapport très-évident entre les dieux Saturne-Kronos et Pluton-Hadès : Saturne est le vieux dieu vaincu par Jupiter et précipité dans le Tartare, royaume de Pluton. Il s'agit donc d'un phénomène psychologique connu, que nous pourrions interpréter par la destitution d'un principe tyrannique (manger ses enfants signifie tuer le potentiel vital, les possibilités de renouveau : Saturne est un dieu paranoïaque et jaloux de ses prérogatives). Mais cette destitution demeure relative, car certaines variantes du mythe nous enseignent que Saturne continue de régner aux Enfers avec Pluton (c'est à mon sens ainsi que nous devons considérer cette réception mutuelle). Et nous connaissons bien d'autres similitudes entre les deux divinités : Tous deux accumulent les traits sombres et austères, tous deux règnent sur les profondeurs et les abîmes, symbolisent les limites, les frontières infranchissables ; tous deux sont associés à la mort : Pluton parce qu'il règne sur les âmes des disparus, et Saturne parce qu'il apparaît sous les traits d'un vieillard muni d'une faux, allégorie de la moisson des âmes que l'on retrouve dans de nombreuses cultures. Tous deux enfin représentaient les plus redoutés des principes naturels, durs, puissants, tyranniques, cruels (en ce qu'ils personnifient la peur, sans doute le premier levier de tout pouvoir terrestre), ceux à qui l'on vouait les cultes les plus sanglants et les plus sombres (à quelques exceptions près), les cérémonies de mort et de renaissance, les plus grands mystères initiatiques qui se célébraient la nuit - la nuit étant leur véritable milieu, leur élément - et dont on ne sortait transformés qu'après d'intenses souffrances. Parce qu'ils sont tous deux des 'gardiens du seuil', leur rôle conjoint est d'illustrer la lutte éternelle entre Lumière et Ténèbres, entre la Toute-Conscience et les profondeurs insondables, infernales et reptiliennes du psychisme. 

Saturne n'est pas le Bon Dieu du christianisme, même si on l'apparente parfois au Jéhovah du judaïsme. Il est d'avantage lié au dogme qu'au Principe, à la lettre qu'à l'Esprit. Dans les religions dualistes, comme le zoroastrisme, le manichéisme, le gnosticisme ou encore le catharisme, il est le principe obscur, le Roi du Monde ou le Démiurge, créateur de la forme et par conséquent, en tant que maître de la matière, l'adversaire du principe lumineux et spirituel. Mais c'est surtout dans l'alchimie à mon avis qu'on peut parvenir à comprendre cette ambivalence inhérente aux deux principes planétaires que sont Saturne et Pluton, et que les religions et gnoses que je viens d'évoquer ont mieux assimilée que les monothéismes dans leur forme dogmatique (à l'exception de certains mysticismes qui voyaient bien dans la mort même du principe spirituel lumineux - la chute du Soleil en Balance - la condition préalable de la résurrection éternelle, Sol Invictus) lesquels ont estimé innocemment qu'il suffisait de chasser - en fait, de réprimer - le Mal sous toutes ses formes pour que triomphe une hypothétique essence unique, un Bien universel...

Comme un rien sans possibilités, comme un rien mort après la mort du Soleil, comme un silence éternel, sans l’espérance même d’un avenir, résonne intérieurement le noir. V.Kandinski, Du spirituel dans l’art (Saturne en Scorpion à l'As opposé à Pluton) 

L’Œuvre au Noir (nigredo) de l'alchimie est ce qui s'apparente le plus, à mon sens, sur le plan des archétypes, à cette réception mutuelle de Saturne en Scorpion et Pluton en Capricorne. Or les textes s'accordent à voir dans le nigredo la clé de tout l’Œuvre philosophal, le Mysterium Magnum. L'Œuvre au Noir dans sa phase de putréfaction succède immédiatement à une forme de hiérogamie, qui est l'union cosmique des contraires. L'iconographie alchimique est faite de références constantes à la copulation et à la fécondation, et nous verrons plus loin que le rapport entre cette phase nécessaire (deux principes opposés et complémentaires s'unissant et se dissolvant dans un même processus de décomposition) est complètement en relation avec Saturne en Scorpion et Pluton en Capricorne. Bachelard et Eliade notamment ont pu parler, et à raison, d'érotisme alchimique dont on retrouve certains schémas dans le tantrisme Indien, par exemple. Le sexe est ici, uniquement, un acte purement magique, rituel, par lequel on acquiert de la puissance. Il ne s'agit pas de plaisir ni de reproduction mais de domination, de soi-même, de ses instincts, et sans doute aussi de l'autre.


Par ailleurs le stade alchimique de la putréfaction est intimement lié à celui de la germination, et en cela encore nous ne sortons pas des valeurs  Scorpion : Dans les Mystères Égyptiens (l'alchimie d'ailleurs nous vient d’Égypte) de la mort et de la résurrection d'Osiris, le myste est assimilé au grain, et il doit subir la corruption de la matière pour renaître sur un plan spirituel. Il en va de même dans les Mystères d'Eleusis. Tout se passe sous terre, dans un confinement, un isolement et un silence de sépulcre, et l'alchimie nous rappelle que le nigredo du laboratoire s'accompagne d'une forte odeur cadavérique. La régression qui s'ensuit - regressus in uterum, dirait Eliade, une Saison en Enfer, renchérirait Rimbaud - s'accompagne d'une perte totale de repères, aussi bien chez le philosophe que chez le myste. Le danger est réel, car dissolution et corruption signifient dissociation entre le corps et l'esprit, entre les fonctions physiologiques et psychologiques, c'est-à-dire une scission au sein des fonctions vitales de l'organisme. Le désespoir et l'humiliation sont alors à leur comble car toute l'entreprise paraît avoir échoué, et l’Œuvre semble complètement corrompu... On y trouve donc bien également les valeurs saturno-plutoniennes négatives de peur et de souffrance, d'autotorture, de désespoir et d'abandon, de volonté de sacrifice de soi, mais d'un autre coté émergent les valeurs positives d'ascétisme, de discipline, d'introspection, de maturation, d'expérimentation. Le temps et la patience sont les valeurs alchimiques souveraines.

Kronos, loren Fetterman
Saturne est le plomb des alchimistes, le métal vil qui par projection de la Pierre Philosophale sera transmuté en Or. Mais avant tout, à l'origine, Saturne est le nom de la Prima Materia, la Matière même de l’œuvre des philosophes, sur laquelle ils projettent leur travail, leurs propres transmutations intérieures. De la même façon qu'un ordre cosmique doit naître du chaos de la matière la plus brute et informelle, un cosmos doit s'incorporer dans le chaos qu'est le philosophe lui-même et le transformer profondément, définitivement. Telle est l'idée fondamentale de l'alchimie. Tout étant assujetti au destin, notamment par l'intermédiaire des pulsions abyssales, il s'agit de trouver ce qui dans cette vile matière n'est pas soumis à la corruption, cette étincelle d'éternité dans l'homme qui le rende susceptible de transcender la fatalité, le cycle des métamorphoses, des destructions et des renaissances. De là, en partie, l'assimilation traditionnelle de la huitième maison astrologique, domaine de Pluton, avec les héritages (toutes les formes d'héritage), qui constituent en somme l'essence subsistante et potentiellement active des êtres disparus.

L'Or philosophal est précisément cette part d'éternité qui survit aux mutations, tout comme le Scorpion, à ce qu'on dit, survit aux radiations nucléaires sans en être affecté. Lorsque noircit la matière de l’œuvre, cette nuit fangeuse, putréfiée qui est celle du Scorpion, signe d'Eau et du Capricorne, signe de Terre (mais toujours lié à l'Eau par sa queue de poisson, ou, comme disait Jung, de saurien, qu'il lui faut traîner derrière lui, de même que l'homo sapiens traîne ses pulsions ancestrales comme un héritage qui lui pèse mais dont il est à la fois redevable et responsable), commence donc le processus de putréfaction. Ce qui émerge de la réception mutuelle entre Saturne et Pluton est, dans le meilleur des scénarios, la base même de toute nouvelle structuration organiquement viable lorsque le travail est mené à son terme, ce qui prend du temps et s'accomplit dans l'obscurité, insensiblement, à l'abri des regards... La mort symbolique n'est pas à proprement parler celle de l'ancien Ego, mais plutôt le dépouillement, dans la douleur, des formes obsolètes, dépassées, des mauvaises habitudes affectives, sentimentales et émotionnelles. Il ne s'agit nullement d'intégrer entièrement un "surmoi" et encore moins un "ça" freudiens ; et surtout, comme l'écrivait Johannes Kepler (Soleil en Capricorne et Saturne en Scorpion trigone Pluton en X, Poissons !) à propos de l'Astrologie, "il faut se garder de jeter le bébé avec l'eau du bain" : II n'est aucunement question de se laisser complétement transformer par des courants de pensée collectifs extérieurs au point de leur sacrifier notre personnalité (thème Plutonien) et en somme tout ce qui fait notre valeur personnelle, notre spécificité, et notre humanité même... C'est au contraire dans la rencontre avec l'absurde et le néant, pour paraphraser Albert Camus, que l'individu découvre et consolide sa raison d'être, sa signification. (2)

Terminons cette entrée en "matière" par une anecdote : La légende alchimique rapporte que de cet Œuvre au Noir, permis par l'union des deux principes, naisse également un être minuscule, organique, ayant une forme vaguement humaine et qu'on nomme par conséquent l'homoncule. Cet être ne vit que de la force vitale et spirituelle de l'alchimiste, qui l'utilise et le dirige pour lui faire accomplir toutes sortes de tâches. Sans cette animation extérieure, l'homoncule n'est qu'une matière inerte ou accomplissant des actes mécaniques et répétitifs dénués de sens. Deux principes émergent donc de cette histoire : Le principe de toute puissance, lequel est lié à l'incorruptibilité de la volonté du maître, d'une part (pour en arriver là, l'alchimiste a dû mourir et renaître à lui-même en abandonnant à chaque fois une bonne part de ses espoirs et de ses illusions, c'est d'ailleurs ainsi que Dante définissait l'Enfer) ; celui de l'enchaînement et de l'esclavage de ce qui n'est de bout en bout que de la matière brute, soumise à toutes les métamorphoses, se prêtant à toutes les formes imposées par les conditions et le milieu expérimentaux. L’œuvre au Noir est en ce sens, pour reprendre l'expression de G.Durand, le point critique de la "transmutation d'un destin", et c'est peut-être ainsi que nous devrions appréhender sur un plan général la réception mutuelle entre les deux 'maléfiques', si l'on ne perd pas de vue que Uranus (le grand Alchimiste) forme toujours son carré explosif à Pluton.

Notes
  1. «Et tant que tu n'a pas compris cela : Meurs, et deviens! Tu n'es rien de plus qu'un hôte ombrageux de cette terre obscure »
  2. « Je tire de l'absurde trois conséquences qui sont ma révolte, ma liberté, ma passion. Par le seul jeu de ma conscience, je transforme en règle de vie ce qui était invitation à la mort - et je refuse le suicide ».
Références
  • F.Bonardel, Philosophie de l'Alchimie 
  • G. Durand, les structures anthropologiques de l'imaginaire
  • M.Eliade, Forgerons et Alchimistes
  • M.Eliade, Le chamanisme et les techniques archaïques de l'extase 
  • G.Bachelard, La psychanalyse du feu 
  • C.G.Jung, les racines de la conscience 
Licence Creative Commons

17 juin 2012

Espiègleries et Turbulences : Le Carré Uranus/Pluton


'...mais leurs guerres, leurs camps de concentration, leurs œuvres de justice, je les vois comme des espiègleries et des turbulences...'  M. Aymé - Uranus


Goya, Le Colosse (détail)
D'abord procédons à un petit rappel historique. Le carré Uranus-Pluton que nous connaissons depuis 2010, qui sera exact durant cette prochaine lunaison, et se reformera plusieurs fois (sept carrés exacts dus aux rétrogradations de 2012 à 2015) jusqu'en 2017, s'est produit pour la dernière fois au printemps 1930, à moins de 4° d'orbe, avec carré Saturne/Uranus (en 1929 Uranus formait son carré à Saturne dans un cycle dont nous avons connu l'une des oppositions, avec par exemple la 'crise des subprimes' et ses conséquences en 2007-2010, et n'était qu'à une dizaine de degrés, parfois moins, du carré à Pluton, déjà carré cardinal à Mars en Balance), puis en 1931 (avec Grand Croix Cardinale impliquant Saturne, c'est-à-dire  la réalisation de l'opposition Saturne/Pluton) - 1932 - 1933 - 1934 - 1935 (1). Les retombées d'un tel carré entre les planètes les plus lentes, générationnelles et inconscientes, qui marque le début d'une phase d'action du cycle, sont très intenses, profondes et durables. Elles entraînent une véritable transformation des consciences.

Jeudi Noir, 1929
La Grande Croix cardinale de Août - Septembre 2010 impliquait elle aussi Saturne, conjoint à Mars de nouveau en Balance, et opposé cette fois (et non plus carré!) à la Conjonction Jupiter-Uranus. Si les forces planétaires à l'œuvre sont ici identiques, et si l'axe qu'elles occupent dans les signes cardinaux  est le même, on notera toutefois  une différence significative, l'opposition ne concerne plus ici Saturne et Pluton, mais Saturne et Uranus.  La crise traversée n'en est pas moins réelle ni moins grave,  sans doute, mais cette différence peut s'avérer importante aux yeux de qui les événements actuels sembleraient la réplique exacte de ceux qui ont accompagné le basculement du monde dans une guerre totale et radicale au début du siècle dernier. 
 
J'insiste sur ces mots 'totale et radicale' qui sont ceux du ministre de la propagande nazie Joseph Goebbels dans son célèbre discours de 1943, car ils sont un résumé saisissant de l'action combinée de ces planètes en aspects critiques, et c'est effectivement de telles auspices qui ont présidé à l'accession de l'idéologie de Hitler au pouvoir dans l'Allemagne du début des années 30.
Une autre différence est cependant astrologiquement significative : Il s'agit d'un carré de début de révolution synodique, celui de 1930 - 1935 étant un carré de fin de cycle préparant la conjonction des années 60.  Enfin l'implication de Jupiter (conjoint à Uranus) fin 2010 - début 2011 et, dans un sens, l'entrée de Neptune en Poissons en 2012, tendent sinon à pacifier le climat général, du moins à en atténuer parfois la violence, par exemple en déradicalisant  les objectifs de l'action, et en dédramatisant le discours officiel. Ce dernier risque toutefois, à cause de Pluton en particulier, d'être parfois dicté par des peurs soudaines et souvent irrationnelles, et par une stratégie de dissimulation de la vérité.

Souvenons-nous que la génération du Printemps 68, en France et ailleurs en Europe, elle-même inspirée du Flower Power américain de 1966 (conjonction Uranus-Pluton), est la génération du Baby Boom d'après-guerre, la génération de l'abondance des trente glorieuses.  La génération actuelle, comme ses aînées depuis les années 1980, n'a connu que le discours de la crise économique. On se souvient aussi avec quelle soudaineté proprement uranienne une jeunesse qui les années précédentes cultivait passionnément la désinvolture s'est électrisée  pour des causes extrêmes, bien souvent (mais pas toujours) humanistes et pacifistes, s'emparant spontanément et comme sous l'effet d'une possession collective, de son droit de regard sur le monde par des voies directement opposées à celles de ses géniteurs. La conjonction de Uranus et Pluton étant l'image même de l'union, voire de la fusion synthétique et même des doctrines d'abandon des individualités (une unité qui n'est pas toujours, du reste, dénuée d'autoritarisme radical et inflexible) le carré implique la remise en cause profonde de ce paradigme, accompagnant la révélation scandaleuse d'abus en tous genres soigneusement cachés. Cette conjonction s'est produite sous le signe tropical de la Vierge, signe mutable et terrestre (le thème du 'retour à la terre', popularisé par le mouvement hippie, est né à cette période), le carré s'est formé quant à lui dans les signes cardinaux, Feu et Terre, du Bélier et du Capricorne. 

   El grito silencioso (Le cri silencieux) Madrid, 2011

L'humanisme même, avec ces astres, peut être mis en question, c'est-à-dire une certaine vision de l'humanité, ou même la notion d'humanité elle-même peut être réfutée indirectement, de façon dissimulée (Pluton). Une telle réfutation est naturellement plus inquiétante (en tout cas plus visible) lorsqu'elle  se généralise bientôt à des catégories entières de populations, et non plus à des individus isolés. Uranus en Bélier, affligé, favorise à l'excès l'individualisme et la compétition, au point de retomber facilement, pour certains, dans les idées de 'darwinisme social' et de sélection, thèmes empruntés aux sciences naturelles et dont on a pu voir la mise en œuvre systématique lors du carré précédent. Compétition et discrimination, garantissant, dit-on, l'efficacité et même la créativité (sic) dans les entreprises, sont encouragés sous le prétexte magique de cette crise économique, mais en fait bien souvent sous le prétexte moins affirmé de l'abondance de main d'œuvre disponible qui en résulte...  Les mouvements des Indignés et de Occupy Wall Street, en Occident, et ceux des Printemps Arabes au Proche-Orient expriment différemment une même révolte (Uranus) contre la dérégulation des puissances 'néo-libérales' (2). La rapidité avec laquelle ces mouvements ont été débordés par des instances extrêmement rigides et souvent religieuses n'est qu'une confirmation de ce point. Pluton étant justement le pouvoir excessif et Uranus la dérégulation excessive, la corruption semble inévitable. Ainsi n'avons-nous pu que constater un rejet, dans l'opinion, des associations humanitaires sous le prétexte de la corruption de certains de leurs dirigeants et des profits cachés que nombre d'entre elles réalisent.
 
Uranus-Pluton, Juin 2012
Cette dévalorisation de l'humanisme conduit facilement à la marchandisation de l'homme considéré comme un produit de consommation - et par conséquent, nous l'avons vu, à l'interrogation nécessaire sur nos propres habitudes consuméristes : Mais ce qui est sous-tendu dans tout ceci, c'est évidemment, en somme, le questionnement, entravé par Uranus fanatiquement individualiste en Bélier, de notre rapport à autrui en général (Axe Bélier-Balance, nous y reviendrons plus loin).  Qu'on s'interroge simplement sur l'antinomie inhérente à l'expression 'société individualiste' pour avoir une vision suffisamment exacte de ce que signifie l'affliction d'Uranus sur cet axe cardinal. Qu'on se représente à plus ou moins long terme les chances de survie d'une telle 'société', et nous comprenons le rôle joué par Pluton : C'est  en l'effet l'image d'une émeute qui s'impose à nous, un vaste mouvement de foule disparate dirigée par les seuls appétits individuels. Les exemples n'ont d'ailleurs pas manqué, et la seule réponse à une telle situation est toujours arbitraire, puisque celle-ci révèle le laisser-aller même d' instances censément exemplaires et leur foi dans un système qui ne fait guère que l'encourager.

Dans le même ordre d'idée, après avoir souligné le fait que l'utopie présente est bien celle d'une humanité constituée d'individualités, puisque, en tout cas sous Uranus en Bélier, chacun voit son identité libre comme but principal aux dépens de l'autre, il nous faut préciser le point du messianisme politique, erreur habituelle dans laquelle tombent les éléments inconciliables issus d'une telle  position. La vision chimérique de la masse aveugle se cherchant un guide mène au leadership de quelques individus charismatiques affirmant que l'unique voie de 'conciliation générale' possible est celle de la conquête et de la guerre (on sait que Mars est le maître traditionnel du Bélier, et que donc il maîtrise Uranus, planète pas particulièrement pacifique. Pluton est l'astre des génocides et des tabous - à ma connaissance le terme 'génocide' n'a pas été employé concernant la situation en Syrie - Inutile de préciser que cette période astrale n'encourage pas non plus la créativité). Lorsqu'il ne s'agit que d'apaiser dans l'immédiat un troupeau de pulsions aveugles, on exige foi et confiance, la stratégie à long terme fait souvent défaut, et c'est ainsi que l'absence de vision et de but véritable se révèlent. Il est en effet plus urgent de réaliser que le charisme sans vision n'est qu'une autre forme d'expression de ces besoins particuliers qui se mêlent aux autres et ne mènent ni ne vont réellement nulle part.
En cas de crise, il est vrai, l'union est parfois une utopie loin de faire la force des pays, et l'Europe a été pensée depuis la fin de la guerre non pas comme une union des marchés, mais plus exactement (et la nuance est importante) selon l'idée qu'elle se constituerait entre des pays à l'économie forte et à l'identité proche. Ne pas être capable de prévoir une situation désastreuse est une chose, ne pas en tenir compte en voulant désormais faire aboutir le projet au plus vite (Uranus en Bélier signe les excès consécutifs à tout contexte sévère négocié dans l'urgence) en est une autre. Quoi de plus nocif pour toute entreprise, quoi de plus corrupteur de ses fondements mêmes, que ce besoin individuel ou élitiste de voir sa réalisation avant de mourir? Et s'il s'agit de tâtonner ensemble par un principe quelconque et discutable, qu'au moins on nous évite des 'solutions' dictées par l'esprit du protestantisme, dans son moralisme économique le plus déplacé. La France, par exemple, s'est détachée du catholicisme pour approcher un idéal de laïcité depuis la séparation des pouvoirs, sous la révolution. Devrait-elle se faire soudain luthérienne pour plaire à ses voisins?

Les mesures d'austérité préconisées en Grèce, en Espagne, en Irlande, en Italie et au Portugal seraient l'unique réponse à des peuples coupables d'en avoir trop peu usé, selon cette théologie? Il semble bien que le serpent non seulement se morde la queue, mais s'aveugle sur les raisons véritables, ou les déraisons des responsables réels, qui eux, semble-t-il, ne devraient jamais connaître l'austérité. Car Uranus en Bélier carré Pluton est réellement le symbole de l'ultra-libéralisme sans limites de quelques-uns, pour lesquels la moralisation du plus grand nombre est une condition évidente du maintien de leur propre amoralité au pouvoir. On a vu, dans les résultats des élections en France, en Grèce et en Allemagne, combien peu populaire s'est révélée cette orientation. Le Président Français a insisté sur le fait que son élection était un révélateur du fait que "partout des peuples veulent en terminer avec l'austérité".

Grande Croix Cardinale, 17 Juillet 2012
L'optimisme est suspect, mais il semble cependant évident, astrologiquement (c'est du moins une des leçons que nous pouvons tirer de la rétrogradation de Saturne en Balance), que si l'humanité se cherche un guide (Uranus en Bélier), il existe au moins une autre voie : c'est vers le relationnel qu'elle doit se tourner, c'est ce qu'elle refuse de voir qu'il lui faut viser, c'est, en somme, vers ce que nous ne sommes pas qu'il nous faut nous porter, tenter de concilier les contraires au lieu de les nier (La Balance, signe de la socialisation maîtrisé par Vénus, est opposée à ce signe). Les deux voies sont naturelles à l'homme, mais la plus raisonnable semble être celle que la pensée humaine a de tous temps considérée comme directe : Penser les opposés et tenter de les concilier sont, traditionnellement, une seule et même chose. Lorsqu'on n'en est pas conscient, on se contente de les rejeter dans l'altérité, le non-Moi. Les 'P.I.G.S.' (3) ne sont que l'expression finale d'un tel rejet dans l'altérité : Une certaine vision de l'Europe "unie", dictée par un irréprochable ascétisme? Un ascétisme, en ce cas, de toute évidence inefficace, et bien loin de la religion, s'il n'est que centré sur soi et n'aboutit qu'à cette xénophobie. Malheureusement on prête peu d'attention au fond du discours, bien plus au ton moralisateur de celui-ci, et on ne saurait faire plus moralisatrice que la voix du repli sur soi, de l'abandon et du 'sacrifice nécessaire'. Que ce soit celle-ci qui, finalement, dicte les conditions d'une "union", voilà où se situerait la première absurdité. Qu'elle soit en général si manifestement contraire aux intérêts de ceux qui la relayent est la seconde (4).

Mais si nous nous arrêtons à ces quelques exemples nous n'avons encore rien vu, car Uranus est une des planètes de l'Irrationnel, comme l'a montré l'écrivain Marcel Aymé dans son roman éponyme sur un village Français au lendemain de la seconde guerre. En Bélier, il est même l'irrationnel surgissant dans le quotidien des hommes jadis rationnels, et les emportant dans sa course furieuse, inconsciente  et désordonnée. Ce dieu 'procréateur de monstres' (les aspects Uranus-Pluton sont souvent actifs lorsque se produisent des incidents nucléaires : la Grande Croix Cardinale annonçait Fukushima, et tandis que j'écris ces lignes le taux de radiations émises par le réacteur numéro 1 de la centrale atteint un record - au moment même où le gouvernement Japonais décide de reprendre l'exploitation du nucléaire...), à l'appétit insatiable, à la fécondité destructrice, stérile par son abondance et son indifférenciation mêmes, qui enfermait ses enfants dans le sein de la Terre, qui, en d'autre termes, les condamnait à une existence infernale dès leur naissance, fut dans la mythologie défait par Saturne, gardien des frontières de la raison. L'élection en France d'un président qui se qualifie lui-même avant tout de "normal" n'est-elle pas un indice de la lassitude des peuples face à la prolifération des aberrations à tous les niveaux ? Jung écrivait "Le pendule de l'esprit oscille entre le sens et le non sens, pas entre le bien et le mal." (Mémoires, 1962). Encore faut-il être capable de discerner ce qui fait sens, d'exiger du sens, et ne pas se résoudre à ce que l'absurde s'empare de nos existences.

Il ne faut pas se laisser aveugler par les mutations rapides du monde qui se produisent en permanence sous nos yeux : Si les "règles du jeu" socio-politico-économique semblent en perpétuel et rapide changement, ce n'est bien souvent que l'effet d'apparences trompeuses. Au fond, ces règles demeurent les mêmes, et nos propres changements perpétuels ne sont que des tentatives d'adaptation (bien réelles, donc créatrices - dans la mesure où l'extrême adaptation puisse être une création - de réalités parfois absurdes, parfois inhumaines) à une illusion. Mais à l'inverse, si l'histoire semble se répéter, ce n'est pas seulement parce que les mêmes causes entraînent les mêmes effets, comme certains expliquent en Grèce et ailleurs les percées nationalistes, lesquelles semblent pourtant inévitables dans un tel contexte; ce n'est qu'une conclusion possible de la logique raisonnable; l'irrationnel uranien, c'est précisément que ces causes, pourtant historiques, aient pu se répéter : Le savoir est non seulement ce qui nous distingue des peuples qui ont déclenché l'apocalypse au siècle dernier, mais surtout ce qui rend véritablement responsables ceux qui incitent, permettent ou encouragent le retour de telles conditions connues (5). Quoi qu'il en soit nous vivons une période d'extrême intensité collective, après laquelle l'Humanité ne sera plus la même. Le transit de Saturne en Balance (les règles de la vie sociale, mais aussi la justice et les lois) nous invite donc d'abord, par la maîtrise de Vénus en Gémeaux rétrograde, à repenser notre rapport à l'autre, à la valeur que nous lui attribuons : Une piste à suivre parmi d'autres, lorsqu'on sait que Saturne est ici maître de Pluton dans le Capricorne, où ce dernier restera jusqu'aux alentours de 2022.

Notes

(1) La grande crise liée au carré d'Uranus à Pluton de 1876-1879, cette fois en Lion-Taureau, a été initiée par un double mouvement de spéculation immobilière (massive dans les villes en particulier) et boursière sans précédent dû à la dérégulation libérale, qui eut pour effet la faillite de nombre de grandes compagnies industrielles et de banques. On remarquera sans difficulté la coïncidence, en tout cas dans les prémisses, avec le carré suivant. La période touchée s'étendit de 1875 (carré Saturne-Pluton) à 1893 environ, et se caractérisa par une chute globale des prix des produits agricoles, de vastes mouvements des populations (exodes ruraux et vagues d'émigration), des soulèvements et des grèves en lien avec le chômage galopant et la reprise opportuniste des colonisations, des pogroms, et finalement l'arrêt de la libéralisation des échanges. Seconde coïncidence avec le carré de 1930, le Traité de Francfort, comme un avant-goût du Traité de Versailles, contraint la France, privée de son or, à verser de lourdes indemnités de guerre à l'Allemagne, et à s'assurer le soutien (la triple entente) de l'Angleterre et de la Russie contre la "triplice", triple alliance de l'Allemagne, de l'Autriche et de l'Italie visant notre isolement continental. Ces forces sont déjà celles des principaux belligérants de la grande guerre... Enfin, troisième "coïncidence", cette période sera appelée jusqu'en 1930... la Grande Dépression.
(2) Lire L'essence du néolibéralisme, par le sociologue Pierre Bourdieu, dans le Monde Diplomatique.
(3) P.I.G.S (porcs) : Portugal, Italy, Greece, Spain, selon une certaine presse économique anglo-saxonne. Combien de temps encore avant que la France, laïque mais de "tradition catholique" bascule à son tour dans le joyeux bourbier que nous prépare la finance mondiale soutenue par les politiques de nos voisins "protestants"?
(4) Le lendemain des élections du 17 Juin en Grèce, après la victoire des conservateurs, un quotidien de ce pays titrait "Bonne nouvelle : Le désespoir l'a emporté sur la peur". Les mêmes qui ont conduit le pays à la ruine (la coalition PASOK - Nouvelle Démocratie) prétendent aujourd'hui le sauver. Face à une décision populaire aussi extrême, aussi historiquement inhabituelle, on ne peut se contenter d'un soulagement extérieur passager.
(5) il n'y a pas d'un coté l'être pensant, de l'autre l'être agissant. On sait depuis longtemps maintenant que l'opposition esprit-matière est largement artificielle, et que l'homme peut en quelque sorte être défini comme l'être agissant en connaissance de cause : Il ne saurait exister de liberté humaine (Uranus) sans responsabilité ni conscience (Saturne). Inversement l'homme est un être restreint par nature, lorsqu'il ne fonde sa réalité que sur sa sphère de perceptions elles aussi restreintes, car conditionnées par le temps et l'espace (Saturne); il ne l'est plus en revanche dans la mesure où il est capable de pensée conceptuelle, laquelle transcende ces limitations (Uranus). C'est précisément là, dans la pensée conceptuelle, que la connaissance traditionnelle peut souvent se révéler paradoxalement évolutive. Les astrologues l'ont bien compris qui ont placé leur discipline sous le patronage d'Uranus.

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04 mai 2012

Second Tour des Elections Présidentielles - Deuxième Partie : Transits

Nul vainqueur ne croit au hasard. Nietzsche (As Scorpion, Mars en Vierge au MC /Uranus en Bélier)

Comparons maintenant les thèmes des deux principaux candidats, ou plutôt leurs transits pour le Dimanche 06 Avril, 19h00, à Paris.

Pour Nicolas Sarkozy le Soleil (souveraineté) s’apprête à former universellement une conjonction très attendue avec Jupiter en Taureau, garant traditionnel de la stabilité et de la croissance. Or Dimanche le Soleil s’apprête également à quitter la Maison VIII de M.Sarkozy (la dette nationale, en Mondiale) pour réaliser la conjonction en M IX, sa philosophie personnelle. Au moment de cette conjonction, Jupiter sera en sextile à sa conjonction Jupiter Rx-Uranus Rx natale en X. C'est une configuration d'affirmation de puissance, de volonté de réforme. Toutefois elle se produit, nous l'avons vu, en IX, où se trouve déjà Jupiter, et non en VIII, secteur de finances où on l'attendrait. Comme il est peu probable que M. Sarkozy décide soudain de réformer le système universitaire en profondeur, disons, ou les relations internationales, peut-être assistera-t-on plutôt à une réforme de ses vues personnelles, et de sa conception du pouvoir (en X). Son Soleil natal se trouve sur le Fond du Ciel de la carte du 6 Mai, c'est-à-dire dans l'opposition (le MC - le pouvoir - est dans cette carte en Lion).

Nicolas Sarkozy, 06 Mai 2012, 19h00, Paris (GMT +2)
A l'opposé sur la carte, la Lune, elle, a déjà quitté le deuxième secteur financier (M II) du président sortant. Elle symbolise, ne l'oublions pas, les opinions du peuple. En fait durant ces derniers jours elle a lentement formé un Carré en T, configuration critique, avec l'opposition natale Mercure/Pluton du Président. Cette configuration est exacte le 6, vers 19h00. Nous avons dit que cette opposition natale pouvait être à l'origine de l'apparente duplicité de Nicolas Sarkozy, entre ses excès verbaux, l'excentricité et l'extraversion de son discours populaire, et ses amitiés sulfureuses ou cachées (Pluton en XI).  Les deux maître de la Lune (l'opinion) se trouvent dans des secteurs pouvant indiquer les inimitiés : Pluton est rétrograde en IV et carré à la Lune natale (et à Mars) du président, Mars est dans sa Maison XII, semi-carré à sa conjonction en X.  

En activant ce carré en T, la Lune est conjointe à son Saturne natal. précisons qu'un carré en T impliquant Saturne est rarement positif, même si ici la Lune et Saturne réactivent aussi un trigone à sa conjonction Jupiter-Uranus natale. D'ailleurs Saturne rétrograde, transitant sa MII (examen de son bilan financier, de la situation économique du pays) concourt à la formation d'un second carré en T dans sa carte : Il est intéressant de constater que cette dernière conjonction Jupiter-Uranus en X, qui aurait pu faire de M.Sarkozy un puissant réformateur, se trouve au mi-point de l'opposition Mercure/Saturne du 6 Mai, et que cette dernière tombe justement sur l'axe natal financier du président sortant (JU-UR=ME/SA-NE). La planète Saturne est ainsi très mal aspectée dans cette carte : Soit on lui refuse la légitimité, c'est-à-dire qu'on remet en cause la valeur de son expérience personnelle, soit on refuse une politique d'austérité de sa part. Saturne étant maître de son Soleil, en Verseau, on peut penser que les deux cas s'appliqueront. Mercure en opposition à Neptune indique une fort rejet de ses idéaux politico-financiers au nom d'idées plus académiques.
  
Son Soleil natal en Verseau est par ailleurs toujours sextile à Uranus conjoint à sa Lune en VII, ce qui indique, avec le trigone Lune-Jupiter-Uranus qu'il demeure assez populaire dans une certaine couche de la population qui estime qu'on peut imposer sa personnalité aux plus hauts postes de l’État sans bagage familial, universitaire et politique particuliers. C'est l'image de 'Sarkozy l'Américain' qui est encore saluée ici. Cependant ce même Soleil natal est aussi en aspect dissonant avec Vénus au MC opposée à sa Vénus natale. On peut supposer que la volonté lui manque pour remettre en cause ses propres valeurs, les ajuster aux valeurs universelles, or c'est précisément ce qui est attendu de lui ce 6 Mai. On peut supposer surtout que le scrutin sanctionnera ses excès (Vénus au MC trigone à Saturne Rx en Balance). Enfin cette configuration même est en mauvais aspect à Jupiter, impliquant que ces vues sont assez incompatibles avec une volonté de croissance générale.


François Hollande, 06 Mai 2012, 19h00, Paris (GMT+1)
Pour François Hollande, son Soleil natal est en Maison X, non loin du Milieu du Ciel de ce Dimanche. Cela pourrait suffire à estimer les chances de succès du candidat, puisque le symbole de son rayonnement personnel est en position de souveraineté à Paris ce jour-là, à l'heure du dépouillement des bulletins de vote, de même que son Mercure natal, trigone à Uranus (le changement) en M XI (les valeurs collectives). Le trigone de la Lune à Uranus natal en III montre aussi une confiance générale dans ses capacités de réforme et d'adaptation aux idées nouvelles.

Le Soleil en Maison XII ici peut indiquer un effacement de la volonté générale en sa faveur, soit une passation de pouvoir (souvenons-nous que le Soleil symbolise le pouvoir en place, c'est-à-dire le président sortant, dont le Soleil natal, au Fond du Ciel Dimanche autour de 19h00, est en outre très affaibli par les afflictions du premier maître du Verseau, Saturne).  Ajoutons que ce Soleil forme un trigone à sa Lune natale en IX. Il n'existe pas de réelle défiance, sinon de façade, de la part du "camp Sarkozy" pour les idées générales de M.Hollande.

Le Soleil carré à son Soleil natal (appliquant, 2° d'orbe : en fait l'aspect n'est exact que deux jours plus tard) montre pourtant des rapports très tendus avec son adversaire. C'est une lutte personnelle, le combat de deux individualités fortes. Il est donc possible que le second tour soit plus serré que prévu, ou que la passation de pouvoir réserve des surprises désagréables au vainqueur. 

Ceci apparaît dans le carré en T où Pluton est, en IV, au mi-point Lune-Jupiter (PL=LU/JU). On pense qu'une forte abstention (opposition Lune/Jupiter, ici en XII) profiterait aux forces d'inertie symbolisées par les nombreuses planètes en Terre, il faut ajouter maintenant Pluton en Lion, en IV - les ennemis de l’État, selon la conception de François Hollande. 

Ceci pourrait apparaître aussi dans le second carré en T impliquant, comme chez N. Sarkozy, l'opposition Mercure-Saturne (Saturne transitant Neptune en rétrogradation), et ayant Uranus en apex. Ce second carré en T est une configuration générationnelle, mais qui indiquerait un problème de communication potentiel, en particulier avec les jeunes (MIII). Toutefois le bon aspect de son Mercure avec Uranus en XI montre qu'un besoin de changement généralement vécu, et la confiance dans ses capacités de réforme ou, tout au moins, de modernisation des institutions, trouve chez Hollande un écho favorable. Il nous faudra peut-être revenir sur ce double carré, qui souligne chez les deux candidats une possible inaptitude à comprendre, et à faire face, aux mutations du monde moderne.

Ces deux configurations planétaires mises à part (on peut se permettre d'en relativiser la portée dans la mesure où elles ne font que souligner, en somme, l'âpreté de la lutte entre deux visions divergentes, mais n'impliquent pratiquement, hormis le carré solaire mentionné, que des planètes transpersonnelles : Uranus, Neptune et Pluton), on dénombre pas moins de sept trigones dans ce transit, aspect de grande facilité. François Hollande apparaît comme un pacificateur, un homme susceptible de réduire les tensions sociales. Son Pluton natal est très bénéfiquement aspecté par le transit de Vénus dans sa MI trigone à Saturne rétrograde sur son Neptune natal (PL=VE-SA-NE). C'est un bon indice de confiance dans ses valeurs personnelles. Mercure, Mars et Pluton forment d'ailleurs dans son thème un Grand Triangle de Feu, lui permettant de résoudre avec brio l'opposition ME/SA Rx.

21 avril 2012

Elections Présidentielles en France - 2ème Partie : Candidature de Marine Le Pen

 Pour revenir à une situation normale de morale publique, il faudrait que la moitié de ce gouvernement démissionne.  M. Le Pen
Continuons ce tour d'horizon électoral avec le thème de Marine Le Pen. Outre qu'elle est une femme, sa grande originalité par rapport aux deux traditionnels favoris des sondages est qu'elle n'a pas été maire de Neuilly sur Seine (comme Sarkozy), n'y a pas seulement grandi (comme Hollande), mais qu'elle y est née. La diversité étant le signe le plus patent d'une démocratie en bonne santé, il aurait été dommage de ne pas lui laisser sa chance. Surtout quand on sait qu'elle n'a pas seulement eu un père politicien d'extrême droite (comme Hollande), qu'elle ne fait pas que promouvoir et utiliser les idées de l'extrême droite (comme Sarkozy), mais qu'elle est bel et bien le leader de l'extrême droite en France.

Marine Le Pen est Lion Ascendant Balance, Lune Capricorne. Avocate (pénal), Conseillère générale du Nord-Pas-De-Calais, Parlementaire Européenne, et présidente du Front National, parti nationaliste fondé à l'extrême droite par son père Jean-Marie Le Pen, auquel elle succède, et dont elle porte l'esprit (ou la flamme : Soleil-Mercure en Lion en MX, Grand Trigone de Feu et de Terre). Anti-Européenne convaincue, peu portée sur les réformes ni la modernité (Saturne en VII - Bélier carré Mars - Cancer au MC : Idées protectionnistes, traditionalistes : Lune en III maître du MC maîtrisée par Saturne, et carré de Terre à Uranus en XII ; et radicales : thème cardinal), elle a cependant largement contribué à adoucir les thèmes chers à la droite nationaliste au point de les rendre médiatiquement présentables : Pluton en XI - Vierge sextile Neptune en Scorpion signe la fameuse "dédiabolisation" de la doctrine, nous dirions plutôt une tentative de féminisation et de pacification (double trigone deVénus et Jupiter en XI à sa Lune natale, carré Vénus-Neptune). 

Comme on peut s'y attendre, les idées de Marine le Pen (Neptune) sont conjointes au Mars en XII - Scorpion de la République de 1792 (les ennemis cachés) et carrées à Vénus conj. Uranus en Lion (les valeurs de la Révolution Française). Son Mars est carré à la conjonction Jupiter-Neptune, les idéaux républicains, et en fait carré en T à Saturne rétrograde, ce qui n'augure jamais rien de bon. Uranus se trouve en outre sur le Soleil de la République, pratiquement au MC et sextile à Mars-Neptune, ce qui sans être nécessairement un signe de révolte ou d'insurrection peut exprimer en tout cas une puissante remise en question des principes fondateurs et vitaux, constitutionnels et humanistes, de la République. Cette conjonction est d'ailleurs carrée à la Lune (le Peuple) de Marine Le Pen en I (La Nation)...

Notons malgré tout que son Mercure-Soleil natal en VIII (l'échec de la politique nationale, les crises d'indépendance) aspecte favorablement la Lune en I de 1792 ainsi que Vénus en X, ce qui implique que son discours demeure crédible pour son auditoire et conserve une grande force d'attraction, bien que son Soleil et son Mars en VIII la désignent de toute évidence comme une menace. La comparaison avec le thème de la Cinquième République révèle d'abord une incompatibilité saillante par le carré Soleil-Mercure/Lune - adoucie cependant par l'aspect que forme cette dernière avec la conjonction Jupiter-Neptune (l'idéal d'expansion) de 1958 - et par le carré de Mars à cette même conjonction sur la cuspide de la M III (il s'agit apparemment de la divergence des vues concernant l'Europe, mais aussi la jeunesse et l’Éducation). 'Luminaires' et 'Maléfiques' traditionnels en aspects critiques... Le trigone à la Lune de la Cinquième par la conjonction Soleil-Mercure en III, sur Uranus, en Lion, semble indiquer pourtant la bonne réception populaire de son discours, surtout parmi les jeunes.

Marine Le Pen, 22 avril 2012, 18:00, Paris
Il n'y a pas de planète culminante dans ce thème événementiel, par contre le Soleil et Saturne sont sur l'axe Asc-Desc. Le Soleil en VII, Taureau, signe féminin, participe d'un Grand Trigone de Terre indiquant un accord avec la volonté collective. Mars transitant Jupiter natal en XI, dans ce Trigone, peut indiquer des alliances puissantes parmi les forces de l'ordre public.

Sa Lune en III est très fortement aspectée, et la configuration est éminemment favorable, bien qu'elle reflète sans doute d'avantage une marque de respect voire d'affection pour le discours de la femme que pour ses idées (conjonction Lune-Jupiter opposée à Neptune natal, et carrée à Soleil-Mercure, ce qui est un rejet catégorique a priori) et sa capacité à gouverner. Saturne Rx transitant la I représente la Nation interrogeant le natif sur ce point.

On voit que Saturne s'oppose au Saturne natal de Mme Le Pen en VII, c'est-à-dire la projection de son autorité personnelle, de son expérience politique, et certainement de sa moralité personnelle (Grand Trigone Lu-Sa). La volonté de réforme générale impliquée par la conjonction Mercure-Uranus en Bélier est en aspect critique avec sa Lune natale, qui tendrait au contraire vers l'inertie en Capricorne, par contre elle aspecte favorablement son Soleil et Mercure en Lion en X (l'autorité paternelle). En outre son Mars au MC est carré aux deux Saturne du thème, configuration globalement très défavorable sur le long terme, bien qu'en réduisant les orbes on constate un certain engouement pour ses valeurs purement féminines et, sans doute, 'maternelles'.

Voir aussi mes analyses pour J-L Mélenchon et N.Sarkozy
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