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18 juin 2013

Un peu de considération pour la Vieille Dame: Réflexions sur l'analogie (et aperçu du Grand Triangle Mystique)

Isis voilée
La période astrologique que nous traversons, jusqu'au 1er Août, est essentiellement remarquable par la formation d'une configuration de Grand Trigone qui a récemment impliqué Mercure et Vénus  (5 Juin) et s’apprête, du fait de la lenteur de Saturne et Neptune également impliqués, à recevoir le Soleil (dès le Solstice d’Été, à 0°Cancer), puis Jupiter (le 26, à 0°Cancer) et Mars (dès le 17 Juillet). C'est un schéma intéressant puisque il est pour l'heure maîtrisé par Mercure, l'astre de l'intellect, qui préside à une interrogation générale très positive et constructive (Saturne Rétrograde en Scorpion) sur l'imagination créatrice et ses liens avec une certaine spiritualité ou une volonté d'amélioration ou d'élaboration des formes culturelles, médiatiques et idéologiques destinées aux masses (Neptune et signes d'Eau). En raison des Trigones en effet il est peu envisageable que la rétrogradation de Saturne indique ici une volonté de revenir radicalement en arrière, mais plutôt une prise en compte d'anciens schèmes et systèmes d'idées qui ont pu sembler dépassés mais qui pourtant demeurent profondément actuels et applicables aujourd'hui. Le Grand Trigone évoque idéalement une élévation spirituelle qui, sans rompre avec la réalité, est susceptible de la recréer et de l'augmenter.

Avec la signature lunaire par contre, dès le 21 (jour solsticial de la fête païenne de Litha), et la disposition pluto-saturnienne, la Lune étant alors affligée en Scorpion, le Trigone s'oriente sensiblement (le signe cardinal du Cancer étant alors, selon A.Ruperti, un lieu d'actualisation, de mise en mouvement des forces de la configuration, initiateur de passions partagées) vers l'exaltation du passé, de la mémoire, de la tradition (prise dans son sens religieux), de la morale, une mystique du peuple, de la famille, de la patrie (stellium en Cancer)... Bien que noyée dans un climat astral serein, paisible, cette nostalgie mystique sous-jacente doit tout de même être aussi mise en relation non seulement avec l'intensité du carré Uranus-Pluton, qui est son cadre de référence, mais également avec la disposition finale des trois maléfiques... Ainsi avec l'implication de Mars, en détriment en Cancer, dès le 17 Juillet en conjonction avec Jupiter (en exaltation) et opposé à Pluton, ce climat particulier risquerait d'être récupéré et largement détourné par des idéologies populistes (maîtrise lunaire, influençabilité) voire bellicistes, avouées ou non (Mars en Cancer se caractérisant par un repli sur soi et un protectionnisme agressifs). Mercure et Uranus étant non seulement rétrogrades mais aussi en carré, durant cette même période, on pourrait s'attendre à un durcissement et une radicalisation des opinions, portée tour à tour par un engouement et une torpeur généralisés, un optimisme trompeur et un espoir de façade en relation avec ce trigone qui peut tout aussi bien véhiculer de grandes illusions et favoriser l’institutionnalisation du mensonge... A l'inverse Saturne Rétrograde jusqu'au 8 Juillet peut marquer un point d'arrêt dans certaines habitudes modernes de gouvernance et de domination disons purement instinctives, par la prise en considération de leur inefficacité et de leur absence d'idéaux transpersonnels. Mais en attendant, plus positivement, le schéma astral est pacifique et propice à la (re)découverte de systèmes métaphysiques véritablement traditionnels et riches en potentialités (c'est une des valeurs liées à Saturne rétrograde en Scorpion) - dont avant tout l'astrologie, puisqu'elle est de notre ressort. Je développe quelques possibilités d'actualisation de cette configuration astrale, mais il est avant tout nécessaire de mettre l'accent sur les trois thèmes principaux du Triangle mystique, dans la plus favorable de ses virtualités, que sont l'Imagination (Nep) en accord avec la Raison (Sol) et la Connaissance (Sat).

L'imagination, malgré un récent retour en grâce dû à une confusion un peu rapide avec la créativité, s'apparente encore beaucoup dans l'opinion à la rêverie ou même, dans son sens Pascalien ("la folle du logis") à la pathologie. On a donc souvent tenté une distinction entre imagination et fantaisie ou fantasmagorie, la première répondant par sa propre nature à des lois pérennes qui l'empêchent de déborder le réel, lui permettent, littéralement, de faire sens (Saturne) tout en aidant à l'appréhender, le façonner ou le transformer, quand la seconde ferait fi des limites imposées et tendrait même à le détruire par l'absurde (1); cette dernière n'entre dans aucune étude anthropologique ou sociologique permettant d'en définir d'éventuelles structures durables; arbitraire et protéiforme, elle échappe aux universaux de l'Imaginaire (ou l'Imaginal, tel que l'entend H.Corbin) et n'est donc pas de notre fait, mais relève plutôt de la psychopathologie, au pire, ou du divertissement, au mieux, lorsqu'elle devient volonté d'affirmation d'elle-même et tire d'elle-même sa propre justification (l'image du Fou est éminemment ambivalente). Ce n'est donc pas le fantasmatique qui importe en soi aujourd’hui, mais bien la possibilité de le faire revenir de lui-même dans son cadre naturel historique et métaphysique (Saturne rétrograde et Mercure en Cancer pouvant indiquer la nostalgie de cette "stabilité des origines", Mercure, le Soleil et Jupiter - liés pour l'instant au mental - en offrent désormais l'occasion, le Soleil, surtout en Gémeaux, symbolisant d'ailleurs la Raison tout englobante). Qui, ou quelle idéologie, sera à même de se charger de la tâche, voilà la question inquiétante quand on sait que Saturne et Pluton, tous deux rétrogrades, ainsi que Mars domineront bientôt ce Grand Trigone mystique.

L'élément Eau est associé pour Bachelard au rêve, au voile de l'illusion. Mais par nature il tend vers une universalité harmonieuse, inclusive, totalisante. Le Triangle fonctionne par affinités et conciliations, privilégiant la fonction sentiment, créant des liens à l'infini, fondés non pas sur une réflexion intellectuelle détachée ni sur le besoin d'implication sociale (à l'inverse de Mercure et Vénus, ici conjoints en Cancer) mais sur l'intuition plus ou moins religieuse d'une totalité englobante qui transcende les antagonismes. Sans nous engager dans des considérations ni "idéologiques" ni trop abstraites, disons avec certitude que l'astrologie fait souvent appel à une forme de langage que les habitudes de notre époque ont eu abusivement tendance à laisser pour compte et à reléguer dans le domaine de ces rêveries fantaisistes qui n'est pas le sien, et qui pourtant demeure profondément active dans nos systèmes psychiques, bien que souvent livrée à elle-même - quand elle n'est pas détournée et utilisée à notre insu. 

Cette forme de pensée et de langage symbolique, j'ai nommé l'analogie (typiquement, Mercure et Vénus en conjonction), serait certainement qualifiée à tort d'archaïque si par là nous entendions inefficace ou dépassée,

"...les choses s'étant toujours exprimées par une analogie réciproque depuis le jour où le monde a été proféré comme une complexe et indivisible totalité." (Charles Baudelaire)
fig.3
fig. 2










fig. 1

Il faut, en effet, être particulièrement sûr de son fait pour décréter l'abolition de structures mentales qui ne sont somme toute que l'aboutissement de plusieurs dizaines de millénaires de culture (le "temps long", selon la terminologie structuraliste de l'historien F. Braudel). Archaïque, elle l'est littéralement, en ce qu'elle est le lieu sémiotique des archétypes psychologiques, qui sont par définition les plus anciens schèmes de la pensée. Peut être est-il ou non exact que le cerveau humain a peu évolué depuis l'apparition d'Homo Sapiens mais je ferai remarquer que ce dernier avait sur la plupart d'entre nous, au départ, cet avantage de connaître, comprendre et maîtriser la pensée analogique. Personne aujourd'hui, en revanche, n'avance plus la thèse jadis florissante selon laquelle il ignorait encore la pensée conceptuelle et rationnelle, simplement parce qu'elle est indispensable pour appréhender, manipuler, diriger et systématiser la pensée symbolique, ce que nos lointains ancêtres, nous apprend l'anthropologie, savaient finalement entre autres choses très bien faire. D'ailleurs serait-il vraiment surprenant que leur pragmatisme ait de loin surpassé celui de notre temps? (2) Je n'ai pas l'intention de m'étendre sur un sujet dont je ne suis pas spécialiste, mais dans ce cas il faut d'urgence redéfinir "pragmatisme"... Si, comme l'a dit le sociologue Gilbert Durand au Colloque de Beaubourg en 1988, "l'imaginaire est lié au sapiens", la notion selon laquelle l'homme pré-historique vivait, comme certaines populations arriérées ou "pré-conscientes" d'aujourd'hui, dans une sorte de rêve éveillé perpétuel est désormais trop biaisée et laisse de coté trop de réalités importantes. 

On ne peut que souligner la duplicité, incohérente ou cynique (sans parler du danger) d'un tel discours, qui est pourtant encore le plus généralement admis : d'une part nous avons des instances scientifiques, éducatives et morales, largement relayées et encouragées par la doxa médiatique, qui réfutent encore plus ou moins ouvertement la subsistance dans l'homme d'une telle pensée, espérant, au mépris de tout réalisme, la refouler des consciences ou l'exorciser avec les arguments dépassés du XIXème siècle, d'autre part des individus et des compagnies commerciales innombrables qui continuent pourtant de l'exploiter et de la diriger vers leurs propres fins, et par le même biais, puisqu'elle est ce qui détermine, en les parcourant, les structures de l'imagination... cette imagination malléable qui, comme chacun sait, fait vendre et acheter, est également encline, et incitée parfois, à suivre des voies bien plus sombres. Mais même sans recourir à des exemples historiques extrêmes, l'appropriation matérialiste du symbole archétypal et sa prolifération moderne extérieure sous la forme du logo ou de la marque apposée à l'objet consommable le plus trivial n'est rien d'autre que l'expression et l'excitation d'un désir d'appauvrissement proportionnel de l'univers intérieur de l'Homme (Le principe est tellement établi que les U.S.A. ont dû recourir ce mois-ci à la voie légale pour que soit interdite l'appropriation privée par brevet des gènes naturels humains... preuve qu'un certain humanisme demeure mais la seule tentative en dit long, à mon avis, quant au niveau de vigilance requis).

Sans idéalisme au sens platonicien l'imagination privée de repères (les principes de la démocratie républicaine - dans son acception Française - par exemple, qui ont longtemps cru pouvoir la contenir sont tournés en dérision par ceux mêmes qu'on élit ou qu'on délègue précisément pour qu'ils les servent et les préservent) sera toujours encouragée et exploitée par plus petit qu'elle-même, car désormais tout sera bon pour la contenir (2) ; on pourrait penser que, si tôt instruite de l'infiniment mesquin elle aspirerait de nouveau à de plus vastes régions de l'âme...(4) L'art n'est plus rien si, chassé de son propre domaine, il devient incapable de se référer à lui-même, et au bout du compte, c'est encore souvent la "pensée" à son degré zéro, médiatisable, véhiculant sans vraiment les connaitre les rêves du plus grand nombre, qui se sert au besoin de la pensée rationnelle en la débordant, et rarement l'inverse (5). L'encyclopédisme même, malgré toute sa bonne volonté, est souvent davantage le reflet toujours changeant de son cadre idéologique que cadre idéologique lui-même (6). Analogiquement, nous dirions que le sommeil finit toujours par nous gagner, ou que la Lune éclipse souvent Mercure... Nous ne pouvons pourtant nous passer ni de l'un, ni des autres, mais peut-être y a-t-il au moins quelque chose à en apprendre, d'autres leçons à en tirer que de nouveaux stratagèmes mercantiles.

Sans être de ceux qui développent l'idée fallacieuse selon laquelle "nous" n'utilisons que 90% de nos capacités mentales (lesquels pour la plupart non seulement parlent pour eux-mêmes mais ont tout intérêt à ce qu'il en soit ainsi... Sans rien dire de ceux, darwiniens ou théistes, qui relayent l'argumentation selon laquelle l'homme n'est plus capable d'évolution, ni de ceux qui introduisent sciemment "la peste" dans nos sociétés pour ensuite prétendre la guérir), il me semble qu'en faisant appel à l'ensemble des facultés raisonnantes, il n'est pas impossible que la pratique de l'astrologie permette et entretienne, sur le plan individuel, le fonctionnement optimal de zones du cerveau qui sans cela s'atrophieraient à force d'être reléguées au second plan. Par ailleurs, elle nécessite le recours constant et alternatif à l'analyse et à la synthèse qui pourrait empêcher une trop sclérosante spécialisation des fonctions cérébrales. En somme la pratique de l'astrologie pourrait offrir une plus grande ouverture d'esprit, condition nécessaire, dit-on, à l'exercice de la spiritualité (Neptune en Poissons). Bien entendu, n'étant pas neuroscientifique, je ne puis que laisser ces points sous leur forme d'hypothèses et au conditionnel, et à défaut des statistiques de l'I.R.M, en appeler au simple bon sens (6). En tant que professionnel, j'ai tendance à encourager la pratique (éclairée) de l'astrologie amateur car elle me paraît, en ce sens, un excellent support pour le développement personnel (outre que cela permet au consultant d'aller droit aux faits importants, sans avoir à se perdre dans les explications de points techniques dues à une mécompréhension du système. C'est donc surtout aux astrologues amateurs et aux étudiants que je m'adresse ici, en gardant l'espoir de disposer de plus de temps à l'avenir pour rendre ces idées accessibles à un plus grand nombre de personnes sans avoir pour cela à basculer dans le spectaculaire et l'horoscopie qui d'ailleurs n'encouragent guère la réflexion).

Notes

(1) Sartre disait notamment que l'imagination est une création dont la matière est la connaissance et non l'agglomération plus ou moins fortuite d'impressions indistinctes.
(2) Dès la seconde moitié du siècle dernier de nombreux chercheurs ont souligné le fait que les premiers Européens maîtrisaient parfaitement les notions de temps et d'espace, dans lesquels ils savaient parfaitement se repérer et se projeter. On a découvert nombre d'objets utilisés pour l'observation astronomique, liée au calcul du temps, de lieux aménagés pour indiquer précisément Solstices et Équinoxes, des proto-calendriers dont certains représentent les phases lunaires et les lunaisons annuelles, sans parler d'une pensée conceptuelle et symbolique systématisée par une technique généralisée qui s'apparente même par certains cotés à une ébauche d'écriture... Tout ce que nous avons pris l'habitude de lier aux civilisations agricoles, en situant son émergence en Mésopotamie, se trouvait en somme exister déjà, non sous une forme larvaire et isolée, mais bien sous une forme pratique et culturelle, plus de 10000 ans auparavant sur le territoire de l'actuelle France métropolitaine. Le célèbre ethnologue André Leroi-Gourhan et bien d'autres, étudiant les œuvres pariétales en fonction de leur topologie en vinrent à déterminer le rôle des sanctuaires rupestres non comme des lieux de vie, comme on le pensait encore, où auraient été improbablement pratiqués totémisme, magie et chamanisme, mais bien plutôt comme des repères éminemment symboliques et didactiques pour l'espèce, des sanctuaires d'initiation périodique. Si ces théories se vérifient, ce qui semble bien être le cas, peut-être pouvons nous nous risquer à apparenter ces usages aux Mystères de la Grèce Archaïque et Classique qui semblent en avoir longtemps perpétué la mémoire,  reprenant, en les élaborant quelque peu, leur dynamique et leurs principes fondamentaux? Les sanctuaires secrets antiques étaient aménagés d'une façon étonnamment semblable; les hiérophanies, ou dévoilement des archétypes (arcanes), la source probable des Idées métaphysiques pythagoriciennes et platoniciennes, sont reçues comme une révélation, et l'adyton, qui est l'endroit le plus ésotérique de l'espace sacré même où elles avaient lieu, présente un parallèle troublant avec l'agencement habituel des hauts-lieux de pèlerinage préhistoriques : L’anamnèse (ou ἀλήθεια alètheia, littéralement l'émergence hors du Lèthé, le fleuve du sommeil, de l'ignorance et de l'oubli... comment ici ne pas penser à cette inversion complète des valeurs qui a conduit bien plus tard à l'institution baptismale, laquelle pourrait n'être rien, en somme, qu'une immersion rituelle à vocation définitive dans ce même fleuve infernal? Il  me semble que, comme on a pu le dire, l'oscillation de l'âme "moderne" entre les idées d'éternel retour et de messianisme - ce dernier s'accompagnant d'un détachement individuel, volontaire ou non, des sources culturelles de l'espèce - trouverait ici un exemple saisissant), l'anamnèse serait en ce sens le retour véritablement traditionnel aux origines de la Connaissance, c'est-à-dire symboliquement, à la naissance de l'esprit, et donc à celle de l'Homme... L'idée de regressus in uterum, qui en est la condition, n'a pas d'autre sens, la caverne étant l'analogie non seulement de la matrice universelle, mais aussi du corps du myste qui s'en trouve viscéralement transformé. Ajoutons que, selon plusieurs théories scientifiques, les représentations animales pariétales ne sont que les transpositions de projections célestes, et vice-versa (voir l'excellent documentaire intitulé Lascaux, le ciel des premiers hommes, ARTE). Comme l'écrit Merleau-Ponty : "[Les actions les plus propres de l'artiste] - ces gestes, ces tracés dont il est seul capable, et qui seront pour les autres révélation - il lui semble qu'ils émanent des choses mêmes, comme le dessin des constellations. Entre lui et le visible, les rôles inévitablement s'inversent. C'est pourquoi tant de peintres ont dit que les choses les regardent" (L’œil et l'Esprit, 1964). Ce que Merleau-Ponty exprime ici est essentiel, en ce que le sens, ou plutôt l'infinité de sens qui se concentre dans l'acte artistique, précède pour une certaine part l'exécution dans la conception de son sujet mais l'accompagne totalement dans l'abandon à son objet. L’œuvre, comme son sujet, est bien sûr pensée, conceptualisation, mais il lui faut aussi se plier à l'universalité des significations que seule confère une structure symbolisante pré-existante (qui n'est pas le fruit d'une élaboration synthétisante entièrement rationnelle), apte à stimuler et provoquer l'inspiration-révélation. En somme la pensée ésotérique, l’œuvre cosmologique,  ne peut être ni arrachée, ni (ce qui revient au même) directement appréhendée par la pensée analytique, mais bien acquise au fil du temps par une sorte de circumambulation simultanée et inverse du mental et de l'imagination; il y a imprégnation culturelle au sens large, et non appropriation directe. Le voile n'est jamais soulevé : C'est peut-être la raison pour laquelle le latin revelare, qui est à l'origine du verbe révéler, signifie littéralement et étymologiquement "voiler à nouveau", puisque même ce qui a été dévoilé n'est jamais la vérité essentielle mais son ombre, son apparence. C'est une explication ésotérique du mythe platonicien de la caverne qui en vaut d'autres. En somme l'initiatique la plus ancienne était peut-être déjà en soi et à tous les niveaux  la mise en correspondance et en analogie d'un microcosme et d'un macrocosme, en d'autres termes l'incorporation progressive par l'homme conscient d'un ordre universel totalisant. Par la pratique de l'astrologie, nous refaisons sans cesse mentalement et pour ainsi dire rituellement ce cheminement, afin de nous situer le plus possible in medias res, au centre même des choses. 


(3) Il faut se souvenir que cette question de l'exploitation de l'imagination collective et de la canalisation des fantasmes individuels s'est déjà posée de nombreuses fois, et assez récemment encore, de 1998 à 2012 quand Neptune transitait le signe du Verseau, sans qu'un status quo satisfaisant ait pu être trouvé. Le Verseau est le domicile de Saturne et Uranus, l'un encourageant les excès de la fantaisie pour explorer ces nouveaux territoires psychologiques induits et tirer profit de leurs "ressources" inépuisables, l'autre tentant de les limiter, d'en restreindre la portée, de les cantonner dans des structures dont on a pu assister au développement exponentiel (que celles-ci fussent psychiatriques, idéologiques, chimiques, médiatiques, ludiques, toujours formelles, toujours radicales mais "absolument modernistes et progressistes" -  car le Verseau est, du fait de son maître moderne Uranus, un signe prolixe, à la fois inventif et extrémiste en ce sens qu'il tend à confondre et généraliser par une certaine vision de l'humanisme, aussi bien le génie que l'erreur). Le scandale posé par la récente parution du nouveau DSM, la bible des psychopathologies, accusée d'inventer des maladies pour ensuite les guérir, mais aussi pour exercer un pouvoir de fait sur la société humaine en définissant ses normes, semble toujours relever du même contexte, pourtant astrologiquement dépassé. C'est qu'ici la question de la liberté humaine se pose de façon très insistante.

(4) Voir également la note 2 de ce papier. 

(5) La médiatisation n'est en somme que l'encouragement et l'exploitation du "rêve éveillé" qui est le plan d'existence habituel de la plupart des gens, ce même "rêve éveillé" permanent que l'espèce humaine a dû jadis conquérir pour être consciente d'elle-même, ou, pour employer le lexique des neurosciences, le réseau du mode par défaut "contre lequel se réalisent nos prises de conscience" (M.E.Raichle).

(6) Nous ne pouvons que le constater avec amertume, même s'il est vrai aussi que, malgré toute la bonne volonté, il serait dommageable pour l'astrologie même de chercher à se caser dans l'un ou l'autre, j'entends dans tel ou tel cadre idéologique ni, à plus forte raison, dans un cadre encyclopédique-positiviste. Ici elle perdrait beaucoup de sa substance en sacrifiant au scientisme, puisqu'elle s'attache avant tout à la compréhension de l'humain - elle y laisserait son ésotérisme, son propre domaine de référence, elle se livrerait à l'opinion commune; là elle se verrait servir des fins qui ne sont plus directement les siennes, ce qui reviendrait quasiment au même. Dans les deux cas, notamment, en tentant de le rationaliser, elle se méprendrait sur l'irrationnel de l'homme, elle passerait simplement à coté, et ne pourrait plus lui donner sens par elle-même, ou plutôt, en définitive, en elle-même. Comme le rappelait le philosophe et logicien Frédéric Nef, en suivant les critères de signification du Cercle de Vienne dans les années 1930 ni Newton, ni Einstein, pour ne rien dire des quantiques, n'aurait passé avec succès le test du positivisme logique, lequel fut pourtant à l'origine d'un processus d'anéantissement ("dépassement" ou "déconstruction", si l'on préfère) sans précédent de la métaphysique... Qu'est-ce qui, en fait, pourrait être qualifié de purement rationnel? Les sciences humaines, et en particulier les psychologies, sont évidemment en grande partie irrationnelles parce que leur raison d'être réside plutôt dans ce principe que l'homme n'est pas un terrain expérimental, et leurs postulats de travail demeurent pour la plupart subjectifs et hypothétiques, ce qui n'altère en rien leur efficacité. Mais les sciences "positives" ou sciences de la matière sont elles aussi désormais contraintes de recourir à l'irrationnel pour pouvoir maîtriser et expliquer cette même matière. On se dit que si la matière inerte est, encore aujourd'hui, à ce point éloignée de la pure raison humaine combien d'avantage doit l'être l'homme lui-même! Si l'on me passe ce trait d'humour, même le cartésianisme est irrationnel jusque dans ses prémisses : "Je pense, donc je suis" se heurtant à l'impossibilité de définir l'être ni le moi, il ne s'agit que d'une intuition artistique sans nulle valeur démonstrative... et, du reste, en tant que vérité indémontrable mais généralement admise, l'axiome échappe au rationalisme, comme tout ce qui est inaccessible à l'explication argumentée (en quoi l'axiomatique diffère-t--elle essentiellement de l'orthodoxie dogmatique cultuelle?) ; il y a de l'irrationnel dans les mathématiques (voir aussi les théorèmes de Gödel, qui sont généralisables à tout système scientifique) et il y a de l'irrationnel dans la logique; bien peu de choses en fait sauraient se prêter une fois pour toutes à une explication extérieure objective; rien n'est donc entièrement rationnel, et exiger que tout le soit absolument revient même pratiquement à une tentative arbitraire et inutile de dévitalisation (ou de perturbation) de l'essence des choses. Un "pur esprit" ne serait sans doute pas un esprit purement rationnel, du moins dans l'acception courante du mot "Raison". On sait combien subversif et dangereux peut (légitimement) paraître encore aujourd'hui un tel discours, mais il ne l'est à la réflexion que lorsqu'on tente de l'extraire de son contexte propre : Ces quelques indications ne font que rappeler que ni la connaissance ni l'intelligence, et encore moins la Raison, ne sauraient s'enfermer longtemps dans le rationalisme (ni, surtout, en fait, le matérialisme et le positivisme avec lesquels on le confond ordinairement), dont par ailleurs nous ne nions absolument pas l'utilité voire la nécessité dans notre discipline même. La démarche scientiste est parfois tentante, mais l'homme n'est toujours pas "computable".

(7) Sans parler de la mémoire que la pratique de l'astrologie semble (c'est du moins une observation personnelle) aider à entretenir, voire à améliorer. En reliant certains faits à un schéma particulier, en les contextualisant et en augmentant de cette manière les liaisons conscientes porteuses de sens, il devient plus facile de se les rappeler avec précision. Voir aussi la note 4, ibid.

Explication des illustrations
L’image symbolique est transfiguration d’une représentation concrète par un sens à jamais abstrait. “Le symbole est le chiffre d’un mystère”, dit Corbin, et, comme le dit Ricoeur, "tout symbole authentique possède trois dimensions concrètes : il est à la fois cosmique (il puise sa figuration dans le monde visible), onirique (il s’enracine dans les souvenirs et les gestes qui émergent dans nos rêves et constituent la matière concrète de notre biographie intime, enfin poétique, c’est-à-dire qu’il fait appel au langage le plus jaillissant donc le plus concret.” Gilbert Durand - L’imagination symbolique
Il est raisonnable d’avancer, avec l'ethnologue A.Testard par exemple que la plupart des représentations féminines datant des périodes allant de l’Aurignacien au Magdalénien inférieur (l’ère des peintures rupestres en France) ne sont pas des images réalistes de la femme mais bien plutôt des représentations de la femme symbolique. En témoignent d’une part la forme rhomboédrique (en losange), figure universelle dans laquelle sont sculptées des formes féminines généreuses (mise en évidence par A.Leroi-Gourhan, voir fig.1 et fig.2), et d’autre part certaines représentations féminines de la même époque associées à la Lune, dont la célèbre Vénus de Laussel, ou Vénus à la corne (fig.3). On sait que le losange est un symbole universel de féminité et de la fécondité (en Inde, par exemple, la matrice, ou Yoni, symbole de la Shakti, la puissance féminine, a encore le plus souvent cette forme). La symbolique lunaire est liée depuis toujours à la femme, par analogie. La corne, par ailleurs, est un symbole lunaire. De surcroît, cette "corne", ou cette figure en croissant, comporte quatorze entailles que l'on a pu mettre en relation avec le cycle lunaire et menstruel de la femme. Les trois niveaux d’interprétation de Ricoeur-Durand sont tout à fait applicables à ces représentations primordiales, mais nous pourrions les préciser en appliquant une seconde grille de lecture, qui leur confèrerait en outre une valeur potentielle d’observation naturaliste, de compréhension-explication du monde à la fois intellectuelle et analogique, et enfin d’initiation-révélation. 


Lectures recommandées (bibliographie sommaire) 

Le lecteur attentif aura remarqué que je n'ai pas étudié ici en les détaillant méthodiquement les notions de correspondance et d'analogie, sans non plus les définir avec précision. Il ne s'agit que de réflexions, comme l'indique le titre de l'article, liées à la configuration astrale qui nous occupe, celle-ci les impliquant, et donc nécessitant que l'on les aborde, même superficiellement. Nous y reviendrons de toute façon obligatoirement. Voici quelques ouvrages dont je me suis servi, dont certains, en attendant, pourront aider à approfondir  la question.

  • Gilbert Durand, Œuvres, et notamment Les structures anthropologiques de l'imaginaire, 1969, et Les trois niveaux de formation du symbolisme (1962)
  • Gaston Bachelard, Œuvres, et notamment Le Rationalisme appliqué, 1949, L'eau et les rêves, essai sur l'imagination de la matière, 1942
  • E.Durkheim et M.Mauss, Œuvres, et en particulier De quelques formes primitives de classification, Année sociologique, VI, Paris, 1901, Le ciel dans l'histoire et dans la science (1936), Le macrocosme et le microcosme (1937) 
  • Roland Barthes, Le degré zéro de l'écriture, 1953
  • Charles Beaudelaire, Œuvres
  • Henri Corbin, Œuvres, et notamment L'imagination créatrice, 1953. Voir aussi ce site (en Anglais)
  • Titus Burckhardt, Principes et méthodes de l'art sacré, 1958
  • Mircea Eliade, Œuvres, notamment Le Mythe de l'Eternel Retour (1949), Images et Symboles (1952) et La Nostalgie des Origines (1971)
  • J.G.Frazer, Œuvres
  • G.Debord, La société du spectacle (1967) et Commentaires sur la société du spectacle, 1988  
  • C.G Jung, Œuvres, et entre autres Les racines de la conscience, 1954. 
  • A.Leroi-Gourhan, Œuvres
  • Chantal Jègues-Wolkiewiez, Ethnoastronomie
  • C.Levy Strauss, Anthropologie structurale, 1958, et La pensée sauvage, 1962 
  • M.Merleau Ponty, Les aventures de la dialectique, 1955, L’œil et l'esprit, 1961
  • Platon, Œuvres
  • Collectif, Les Présocratiques, éditions Gallimard, coll. La Pléiade, 1988  
  • Marcel Baudoin, Les Pléiades au Néolithique  (essai) (1916), et autres essais, sur Persée 
  • P.Ricoeur, Œuvres, notamment Essais d'herméneutique, Idéologie et Utopie (1997), La métaphore vive (1975)
  • J.P.Sartre, l'Imagination (1936) 
  • J.P.Sartre, l'Imaginaire, essai de psychologie phénoménologique de l'imagination (1940)
Licence Creative Commons

04 mai 2012

Second Tour des Elections Présidentielles - Deuxième Partie : Transits

Nul vainqueur ne croit au hasard. Nietzsche (As Scorpion, Mars en Vierge au MC /Uranus en Bélier)

Comparons maintenant les thèmes des deux principaux candidats, ou plutôt leurs transits pour le Dimanche 06 Avril, 19h00, à Paris.

Pour Nicolas Sarkozy le Soleil (souveraineté) s’apprête à former universellement une conjonction très attendue avec Jupiter en Taureau, garant traditionnel de la stabilité et de la croissance. Or Dimanche le Soleil s’apprête également à quitter la Maison VIII de M.Sarkozy (la dette nationale, en Mondiale) pour réaliser la conjonction en M IX, sa philosophie personnelle. Au moment de cette conjonction, Jupiter sera en sextile à sa conjonction Jupiter Rx-Uranus Rx natale en X. C'est une configuration d'affirmation de puissance, de volonté de réforme. Toutefois elle se produit, nous l'avons vu, en IX, où se trouve déjà Jupiter, et non en VIII, secteur de finances où on l'attendrait. Comme il est peu probable que M. Sarkozy décide soudain de réformer le système universitaire en profondeur, disons, ou les relations internationales, peut-être assistera-t-on plutôt à une réforme de ses vues personnelles, et de sa conception du pouvoir (en X). Son Soleil natal se trouve sur le Fond du Ciel de la carte du 6 Mai, c'est-à-dire dans l'opposition (le MC - le pouvoir - est dans cette carte en Lion).

Nicolas Sarkozy, 06 Mai 2012, 19h00, Paris (GMT +2)
A l'opposé sur la carte, la Lune, elle, a déjà quitté le deuxième secteur financier (M II) du président sortant. Elle symbolise, ne l'oublions pas, les opinions du peuple. En fait durant ces derniers jours elle a lentement formé un Carré en T, configuration critique, avec l'opposition natale Mercure/Pluton du Président. Cette configuration est exacte le 6, vers 19h00. Nous avons dit que cette opposition natale pouvait être à l'origine de l'apparente duplicité de Nicolas Sarkozy, entre ses excès verbaux, l'excentricité et l'extraversion de son discours populaire, et ses amitiés sulfureuses ou cachées (Pluton en XI).  Les deux maître de la Lune (l'opinion) se trouvent dans des secteurs pouvant indiquer les inimitiés : Pluton est rétrograde en IV et carré à la Lune natale (et à Mars) du président, Mars est dans sa Maison XII, semi-carré à sa conjonction en X.  

En activant ce carré en T, la Lune est conjointe à son Saturne natal. précisons qu'un carré en T impliquant Saturne est rarement positif, même si ici la Lune et Saturne réactivent aussi un trigone à sa conjonction Jupiter-Uranus natale. D'ailleurs Saturne rétrograde, transitant sa MII (examen de son bilan financier, de la situation économique du pays) concourt à la formation d'un second carré en T dans sa carte : Il est intéressant de constater que cette dernière conjonction Jupiter-Uranus en X, qui aurait pu faire de M.Sarkozy un puissant réformateur, se trouve au mi-point de l'opposition Mercure/Saturne du 6 Mai, et que cette dernière tombe justement sur l'axe natal financier du président sortant (JU-UR=ME/SA-NE). La planète Saturne est ainsi très mal aspectée dans cette carte : Soit on lui refuse la légitimité, c'est-à-dire qu'on remet en cause la valeur de son expérience personnelle, soit on refuse une politique d'austérité de sa part. Saturne étant maître de son Soleil, en Verseau, on peut penser que les deux cas s'appliqueront. Mercure en opposition à Neptune indique une fort rejet de ses idéaux politico-financiers au nom d'idées plus académiques.
  
Son Soleil natal en Verseau est par ailleurs toujours sextile à Uranus conjoint à sa Lune en VII, ce qui indique, avec le trigone Lune-Jupiter-Uranus qu'il demeure assez populaire dans une certaine couche de la population qui estime qu'on peut imposer sa personnalité aux plus hauts postes de l’État sans bagage familial, universitaire et politique particuliers. C'est l'image de 'Sarkozy l'Américain' qui est encore saluée ici. Cependant ce même Soleil natal est aussi en aspect dissonant avec Vénus au MC opposée à sa Vénus natale. On peut supposer que la volonté lui manque pour remettre en cause ses propres valeurs, les ajuster aux valeurs universelles, or c'est précisément ce qui est attendu de lui ce 6 Mai. On peut supposer surtout que le scrutin sanctionnera ses excès (Vénus au MC trigone à Saturne Rx en Balance). Enfin cette configuration même est en mauvais aspect à Jupiter, impliquant que ces vues sont assez incompatibles avec une volonté de croissance générale.


François Hollande, 06 Mai 2012, 19h00, Paris (GMT+1)
Pour François Hollande, son Soleil natal est en Maison X, non loin du Milieu du Ciel de ce Dimanche. Cela pourrait suffire à estimer les chances de succès du candidat, puisque le symbole de son rayonnement personnel est en position de souveraineté à Paris ce jour-là, à l'heure du dépouillement des bulletins de vote, de même que son Mercure natal, trigone à Uranus (le changement) en M XI (les valeurs collectives). Le trigone de la Lune à Uranus natal en III montre aussi une confiance générale dans ses capacités de réforme et d'adaptation aux idées nouvelles.

Le Soleil en Maison XII ici peut indiquer un effacement de la volonté générale en sa faveur, soit une passation de pouvoir (souvenons-nous que le Soleil symbolise le pouvoir en place, c'est-à-dire le président sortant, dont le Soleil natal, au Fond du Ciel Dimanche autour de 19h00, est en outre très affaibli par les afflictions du premier maître du Verseau, Saturne).  Ajoutons que ce Soleil forme un trigone à sa Lune natale en IX. Il n'existe pas de réelle défiance, sinon de façade, de la part du "camp Sarkozy" pour les idées générales de M.Hollande.

Le Soleil carré à son Soleil natal (appliquant, 2° d'orbe : en fait l'aspect n'est exact que deux jours plus tard) montre pourtant des rapports très tendus avec son adversaire. C'est une lutte personnelle, le combat de deux individualités fortes. Il est donc possible que le second tour soit plus serré que prévu, ou que la passation de pouvoir réserve des surprises désagréables au vainqueur. 

Ceci apparaît dans le carré en T où Pluton est, en IV, au mi-point Lune-Jupiter (PL=LU/JU). On pense qu'une forte abstention (opposition Lune/Jupiter, ici en XII) profiterait aux forces d'inertie symbolisées par les nombreuses planètes en Terre, il faut ajouter maintenant Pluton en Lion, en IV - les ennemis de l’État, selon la conception de François Hollande. 

Ceci pourrait apparaître aussi dans le second carré en T impliquant, comme chez N. Sarkozy, l'opposition Mercure-Saturne (Saturne transitant Neptune en rétrogradation), et ayant Uranus en apex. Ce second carré en T est une configuration générationnelle, mais qui indiquerait un problème de communication potentiel, en particulier avec les jeunes (MIII). Toutefois le bon aspect de son Mercure avec Uranus en XI montre qu'un besoin de changement généralement vécu, et la confiance dans ses capacités de réforme ou, tout au moins, de modernisation des institutions, trouve chez Hollande un écho favorable. Il nous faudra peut-être revenir sur ce double carré, qui souligne chez les deux candidats une possible inaptitude à comprendre, et à faire face, aux mutations du monde moderne.

Ces deux configurations planétaires mises à part (on peut se permettre d'en relativiser la portée dans la mesure où elles ne font que souligner, en somme, l'âpreté de la lutte entre deux visions divergentes, mais n'impliquent pratiquement, hormis le carré solaire mentionné, que des planètes transpersonnelles : Uranus, Neptune et Pluton), on dénombre pas moins de sept trigones dans ce transit, aspect de grande facilité. François Hollande apparaît comme un pacificateur, un homme susceptible de réduire les tensions sociales. Son Pluton natal est très bénéfiquement aspecté par le transit de Vénus dans sa MI trigone à Saturne rétrograde sur son Neptune natal (PL=VE-SA-NE). C'est un bon indice de confiance dans ses valeurs personnelles. Mercure, Mars et Pluton forment d'ailleurs dans son thème un Grand Triangle de Feu, lui permettant de résoudre avec brio l'opposition ME/SA Rx.

03 mai 2012

Second Tour des Elections Présidentielles - Première partie : Climat astrologique

Le second tour des élections présidentielles en France métropolitaine a lieu le Dimanche 6 Mai 2012, de 8h00 à 18h00 (horaires habituels d'ouverture des bureaux, 8h00-19h00 pour Paris et les grandes villes). Ce second tour se jouera entre les quatre candidats déjà évoqués dans plusieurs articles récents de ce blog :  Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy, François Hollande et Jean-Luc Mélenchon. Au premier tour la victoire de F.Hollande a été assez serrée contre le Président sortant, qui après tout avait contre lui d'une part son bilan, et d'autre part un carré du Soleil à son propre Soleil (Remise en cause de sa souveraineté. Suis-je le seul à estimer que le Président apparaît défait d'avance, et ne semble plus croire lui-même à son discours? Ou le profil bas est-il une nouvelle manœuvre politique dans les grands débats d'entre-deux tours?)

La seconde 'surprise' fut certainement le score élevé de la candidate du Front National (17,90%). Cette faveur populaire pour l'extrême droite, non justifiée par un fort taux d'abstention, comme l'indiquait bien la carte du premier tour (la participation a été assez importante), pourrait bien expliquer à elle seule le nombre de voix obtenues par M.Sarkozy, qui tend à compenser son manque de vision stratégique à plus ou moins long terme par une tactique de récupération systématique des thèmes du FN, au gré des sondages d'opinion. Souvenons-nous de cette récente Une du journal Libération. J'avais pour ma part confirmé, si besoin était, en comparant les thèmes astrologiques, qu'il en ressortait au contraire une incompatibilité criante entre les idées de Mme Le Pen et les valeurs Républicaines. N.Sarkozy ratisse large, par conséquent ses affirmations peuvent être parfois aussi hasardeuses qu'inquiétantes. 

Tentons aujourd'hui de dégager les traits saillants de l'étude de la carte événementielle de ce 6 Mai 2012, pour Paris, 19h00 (GMT+2). Puis nous la comparerons à celle des deux principaux candidats restants (MM. Mélenchon et Bayrou - centre et gauche antilibérale -  se rangeant aux cotés de F.Hollande). Un addendum pour Marine Le Pen sera cependant nécessaire, puisqu' elle n'a pas donné de consignes à ses partisans. 

Second Tour des Présidentielles, 06 Mai 2012, Paris, 19:00 (GMT+2)
Cette carte n'a qu'une valeur  indicative, dans la mesure où elle ne tient compte que de la métropole, mais si l'on exclut la prise en considération des angles et secteurs qui reflètent le lieu et le temps de référence avec exactitude, les positions planétaires, elles, varient peu d'un jour à l'autre, d'un continent à l'autre. Sa valeur symbolique, par contre, est toujours importante, puisque à Paris se trouvent les parlements et les ministères, c'est-à-dire les emblèmes républicains. 

Quel est le climat astrologique de ce second tour? Le premier point important est qu'on se situe dans une phase de Pleine Lune en Scorpion, le premier tour s'étant déroulé à la nouvelle lune précédente, en Taureau. La lune croissante (entre les deux tours) est traditionnellement considérée comme une période de conscientisation progressive. La situation qui, à la NL, apparaissait riche en possibilités mais aussi en incertitudes, se révèle dans sa totalité, puisqu'on connaît désormais les forces en présence et les enjeux. C'est donc aussi une période d'intégration intensive des concepts, et peut-être ainsi, en Scorpion, de leur profonde transmutation à la lumière de la conscience. Pleine, la Lune ne fait pas que dispenser la lumière du Soleil, elle brille en quelque sorte de sa lumière propre ; on affirme aussi son individualité. L'opinion populaire en Scorpion se dégage ainsi dans une certaine mesure des idées et notions qui lui sont dispensées, et les exprime à sa manière, révélant de fait sa propre liberté transformatrice. La Lune en Scorpion procède par destructions, il faut donc s'attendre à un 'vote sanction', en espérant qu'il ne s'agisse pas plutôt d'une nouvelle autopunition collective, résultat de décisions impulsives, prises dans l'urgence (Me/Sa, Ur/Pl, Bél). D'autant plus à craindre est cette dernière éventualité que cette journée est placée sous la maîtrise de Mars et Mercure (affirmation de la force) et que Mercure est affligé par Saturne. Reinhold Ebertin décrit ainsi le mi-point VE=MA-UR : "Forte émotivité passionnelle". (C.D.I.A)

L'opposition Lune/Jupiter, à l'inverse du 22 Avril, peut indiquer le besoin de combattre une certaine réticence à se déplacer, la nécessité de vaincre une tendance à rester chez soi (Jupiter en Taureau exagère les besoins de confort matériel propres au signe). Elle montre aussi la prise de conscience (PL) qu'il peut être important de dépasser les aspirations de base à la possession ou à la stabilité matérielles (axe II/VIII), en particulier lorsque il existe des menaces contre l'intégrité (Pluton, second maître de la Lune, est non seulement semi-carré à la Lune mais aussi rétrograde et carré à Uranus). Le danger d'une faible participation est d'autant plus grand que le semi-carré Jupiter/Uranus peut signifier que l'expression du besoin d'une réforme en profondeur (Me-Ur/Pl) présente au premier tour n'est plus nécessaire ici. L'abstention massive conforterait les puissances d'inertie à l’œuvre dans cette carte : L'axe structurel IV-X est en signes fixes, et il y a une prépondérance de planètes en Terre, surtout Mars et Pluton maîtres de la Lune. Uranus en Bélier maîtrise le Fond du Ciel, soulignant la perpétuation d'une tradition contestataire, mais rappelons qu'il est affecté par Pluton (les pouvoirs de l'ombre, les corporations, la puissance financière), et que la Lune, maîtrisée, se trouve précisément dans un secteur financier.  

Saturne Rétrograde s'opposant à Mercure sur l'axe cardinal Balance-Belier (et transitant le Neptune de la République, les idéaux des Lumières) indique toutefois que le message qui passera ce jour-là sera dans le meilleur des cas le fruit d'une profonde réflexion, fondée sur une expérience généralement partagée. On votera en tirant les conséquences d'un passé suffisamment intégré (Pleine Lune). Mais dans le pire des cas c'est encore l'abstention, l'entrave de l'expression, qui risque d'imposer un retour à un système de valeurs obsolètes ou pire, à des idées rigides et rétrogrades. Saturne est toutefois bien aspecté (maîtrisé par Vénus en Trigone) et en position d'arbitre, il est d'avantage ici l'astre de la Sagesse qui préside aux destinées des peuples que le dévoreur des mondes. Mercure en VII (la communication) est heureusement puissant dans ce thème (en réception mutuelle avec Mars, maître de la Lune : l'opinion, la voix du peuple), et ce qui s'exprimera Dimanche aura un poids universel, n'étant autre que la volonté de la Nation imposée comme exemple au reste du monde  (Soleil en VII).

20 avril 2012

Elections Présidentielles en France - 2ème Partie : Candidature de N.Sarkozy

Si la vérité blesse, c'est la faute de la vérité. N.Sarkozy

Nicolas Sarkozy Le Président de la République en activité, est Verseau Ascendant Vierge. Ancien avocat d'affaires, ancien maire de Neuilly, plusieurs fois ministre, il s'est distingué dans sa carrière politique par son opportunisme et son extravagance. Apprécié des Français, un temps, pour son dynamisme (Conjonction Lune-Mars en Bélier, en M VII, sextile Soleil) il est surtout réputé pour être le "président des riches" : Neptune en II sextile à Pluton et trigone à Mercure résume l'ensemble de son discours politique comme reflétant l'idéologie des classes possédantes. L'opposition Mercure/Pluton de son thème rend compte d'une forte duplicité entre un interventionnisme tapageur et médiatique (outre Ma-Lu en Bélier, indiquant une grande impulsivité, Ne-Me en Verseau suggère une utilisation intensive de la publicité personnelle) et des accointances obscures et élitistes (Pl en Lion) : préférant traiter des affaires économiques et financières à l'abri des caméras, il est membre de plusieurs clubs très fermés. Son dynamisme assez populiste donc (Lune-Mars en VII) s'oppose au Soleil (vitalité) de la Vème République dans sa MI (projection des valeurs personnelles), et à Vénus en X Balance dans la carte de 1792 (les valeurs Républicaines). Le carré de Vénus à elle-même indique une scission possible entre ses valeurs personnelles et les valeurs constitutionnelles de la Cinquième. On observera enfin, sans nous y attarder, un double carré en T : Sa-Ma (Scor) = Pl-Ur (Lion) / Me-Pl (Vers) très révélateur sur la carte de 1792. Comparons maintenant la carte natale du candidat Sarkozy avec celle du 1er Tour des Élections Présidentielles du 22 Avril.
Nicolas Sarkozy, 22 Avril 2012, Paris, 18:00
Il nous faut immédiatement constater le carré Soleil/Soleil : pour un chef de l’État, cela indique une situation critique. Pour aggraver, le Soleil se trouve dans la M VIII du natif (la situation financière) en opposition à Neptune (ses idéaux, ou son idéologie) actuellement transité par Saturne rétrograde (révision des structures socio-économiques, en M II - Balance). 

Cette opposition assez radicale est tempérée par la configuration Pl = Sol / Sa-Ne. (En somme il bénéficie peut-être toujours du soutien de groupes de pression influents, en M XI - Lion). Sa conjonction Jupiter-Uranus en X (crédibilité nationale) forme un carré avec Sa-Ne en M II (situation économique), lui interdisant toute possibilité de réformes importantes (Uranus) pour une reprise de la croissance (Jupiter). 

La conjonction Lune-Jupiter du 22 Avril (l'enthousiasme, la participation populaire) s'oppose à son Saturne natal en III : remise en cause de son autorité politique, de son manque de formation académique, de sa politique d'austérité? Ou de son faible bagage culturel? L'opposition de Vénus à elle-même sur l'axe III/IX pourrait bien exprimer la perte d'attractivité de son discours politique, le détachement affectif de son auditoire. Le transit de Mercure-Uranus sur sa conjonction natale Lune-Mars en Bélier indique en outre un grand risque d'actions (ou de paroles) très impulsives, potentiellement violentes ou exagérées. Mercure et Neptune trigones à la conjonction Saturne-Neptune N laissent supposer, par contre, qu'il pourrait conserver l'appui des médias quelque temps.  

Voir aussi mes analyses pour J-L Mélenchon et M. Le Pen.

19 avril 2012

Elections présidentielles en France - 1ère partie : La fin de la Cinquième?

Le premier tour des élections présidentielles se déroulera Dimanche 22 Avril, en France métropolitaine. Les citoyens pourront voter jusqu'à la fermeture des bureaux, généralement autour de 18h00. Le dépouillement se déroule en général entre 19h00 et 20h00. Passons sur les enjeux de ces élections, il me semble les avoir quelque peu abordés dans ce blog en analysant les divers courants astraux actuels et leurs répercussions sur la psychologie des peuples. Ce qui me semble important avant de passer en revue les divers candidats, c'est de situer l'évènement dans son environnement historique réel. Il ne s'agit pas d'imiter nos politiciens : la crise n'a jamais été un contexte électoral, mais toujours un prétexte. Le véritable contexte des élections, c'est la République, et son enjeu, le maintien de l'idéal démocratique auquel elle est dévouée depuis sa proclamation en 1792. Analysons dans un premier temps la carte du Ciel de ce 22 Avril, pour Paris, aux alentours de 18h00 (cette carte n'aura bien entendu qu'une valeur indicative, dans la mesure où nous ne pouvons prendre en considération l'ensemble des territoires et départements qui constituent la France). Puis appliquons-la sur la carte de la 5ème République et sur celle de 1792 (le lendemain de la date officielle de l'abolition de la monarchie). Nous procéderons par la suite de la même façon avec les cartes natales des différents candidats (pas tous les dix, cela dit), en les comparant à ces trois thèmes événementiels.

Paris, 22 Avril 2012, 18h00
Elections Russes, 1er tour, 5 Mars 2012, 10h00, Moscou
En premier lieu, quel est le 'climat' de cette journée d'élections? Trois points importants sont à noter :  Une configuration planétaire de Grand Trigone dans l'élément Terre (Le Soleil vient d'entrer en Taureau) semble indiquer une volonté générale de pacification. Ce Grand Trigone de Terre (stabilité) est de plus renforcé par un double sextile à Neptune. Les possibilités de scandales, tromperies et fraudes impliquées par l'opposition Mars/Neptune sont neutralisées, a priori, par ce schéma planétaire. Les idéologies violentes semblent optimalement canalisées. A titre de comparaison, observons un instant la configuration générale des dernières élections en Russie, à l'issue desquelles V.Poutine a totalisé, entre autres, 99,76% des voix en Tchétchénie...

République, 22 septembre 1792, Versailles
Le second point à souligner est, évidemment, la conjonction Lune-Jupiter en Taureau, signe fixe, essentiellement matériel, de lente élaboration et de construction, dans lequel la Lune est exaltée.  Cette conjonction pourrait à première vue indiquer une tendance au conservatisme de l'opinion et des masses populaires. Elle peut aussi témoigner de l'attachement de ces dernières aux institutions, notamment électorales (la Lune symbolise le suffrage universel), à la patrie (voire au sol), et par conséquent une forte participation et un certain enthousiasme civiques. La Nouvelle Lune (conjonction Soleil-Lune) en Taureau ayant lieu la veille, il y a tout lieu de penser que ce premier tour reflètera parfaitement la volonté et la vitalité nationales. Une NL peut aussi exprimer, évidemment, une volonté de renouveau. Il est intéressant de noter toutefois que cette conjonction se produit dans la Maison V de la République (1792), le secteur en lien avec l'expansion culturelle et l'éducation. Le Soleil quant à lui est conjoint au Saturne de la République dans le même secteur, mettant en lumière la responsabilité politique dans ce domaine. On pourrait penser, si les idéaux républicains ont encore un sens (Ju trigone au Mer de la République), que la volonté générale demeure le maintien (So-Sa et Lu-Ju en Tau) de 'l'exception culturelle' Française et son rayonnement international.

Il en va tout autrement si l'on prend pour référence le thème de la Cinquième République (pour Paris, heure de fermeture des bureaux de vote), puisque cette conjonction tombe en XII (les inimitiés) et forme un carré (tension) à Uranus, la planète des bouleversements politiques, dans un secteur concernant la jeunesse et/ou les pays voisins (pensons à l'Europe)... Il est vrai, si l'on en croit certains récents sondages d'opinion, que les intentions de vote déclarées des jeunes Français ont de quoi surprendre puisqu'elles iraient de préférence vers les deux extrêmes politiques : Un fait inhabituel en soi (Uranus). Est-ce à dire que le peuple (Lune) se lasse (Lune en XII / Uranus) des institutions (Jupiter) de la 'Cinquième' ? Se détache (Vénus également en XII-Uranus) de ses représentants conventionnels? Le dépouillement pourrait en tout cas réserver quelques surprises (Lune en M XII, les opinions cachées). La 'stabilité' impliquée par le Grand Trigone de Terre et par la conjonction Lune-Jupiter en Taureau pourrait bien ainsi n'être que toute relative. Rien n'existe en soi-même par soi-même, un climat peut être une promesse, ce n'est jamais ni une conjoncture ni un contexte suffisants. En outre, Saturne rétrograde demande des comptes.
5ème République, 28 septembre 1958, 22:00, Paris

Ceci nous amène au troisième point qui est la conjonction Mercure-Uranus en Bélier, et sa réactivation du carré Uranus-Pluton. Ce degré de tension réactivée est le seul point noir évident de cette carte, mais il faut se souvenir que cet aspect de carré entre deux planètes générationnelles, donc extrêmement lentes, couvre une longue période, au point d'être le plus souvent imperceptible, à moins d'être relayé par une planète rapide. On l'a vu notamment à l’œuvre non seulement lors des soulèvements populaires massifs du Printemps Arabe, sous la Grand Croix Cardinale de l'année dernière, mais aussi dans des catastrophes comme à Haïti ou à Fukushima, ou encore dans les tensions qui ont secoué le monde financier, les émeutes de Londres, le mouvement des indignés... Un tel aspect peut impliquer des oscillations extrêmes,. des transformations profondes, des mutations sociales, des bouleversements de paradigme. Uranus est la planète des révolutions. Pluton est  liée aux richesses, aux gouvernements de l'ombre, au terrorisme, financier ou non... autant de sujets qui ont alimenté les débats publics ces dernières années. Elle est également astrologiquement liée à la Mort. 


Ce carré n'affecte pas la carte de la République de 1792, où Uranus est d'ailleurs opposé à Pluton dans les deux secteurs financiers en natal. On peut presque parler d'une réception mutuelle dans la mesure où Pluton est dans le signe du Verseau, maîtrisé par Uranus, ce dernier en Lion se trouvant dans le secteur VIII gouverné par Pluton... Par contre la fameuse conjonction Lune-Jupiter du 22 avril tombe au beau milieu de cette opposition, formant un schéma astral très critique, un Carré en T. Il s'agit d'une remise en question profonde, populaire, quasiment culturelle, des puissances cachées ou corrompues. Ce carré touche surtout les banques et la finance en général et il est bénin, si j'ose dire, (rappelons que Lu-Ju se trouvent en Tau en M V, et précisons qu'une réception mutuelle même approximative agit plutôt en faveur de la conciliation des opposés), en comparaison de ce qui touche le thème de la Cinquième République ce jour-là :


La conjonction Mercure-Uranus du 22 Avril est exactement opposée au Soleil de la Cinquième République, sur l'axe cardinal V/XI (Balance/Bélier). Uranus en Bélier peut être conflictuel (le maître du signe est Mars), bien qu'en XI il s'agisse surtout de débats d'opinions dans le cadre républicain (parlement, urnes). C'est ce qu'indique la conjonction. Mais les opinions peuvent être extrêmes, et une opposition au Soleil est toujours un aspect très critique en Mondiale. Il peut s'agir d'un rejet du Président en place comme il peut s'agir d'une remise en cause pure et simple de la Constitution. Pluton transite la VII, les adversaires puissants et les ruptures. D' ailleurs, l'opposition Mars/Neptune du 22 touche de plein fouet le Pluton de la Cinquième, sur l'axe fondateur IV/X. La conjonction Mars-Pluton est toujours très destructrice, Neptune en Maison X (l'exécutif) pouvant en outre exprimer la prépondérance de nouveaux idéaux sur les anciens. Mars en IV montre une opposition puissante capable de discréditer complétement le pouvoir en place et sa représentation. Pour ne pas dire le régime dans son ensemble. Bien sûr certains aspects tempèrent cette opposition explosive, notamment un trigone Mars-Soleil et un sextile de Mars à la conjonction Jupiter-Neptune de la Cinquième... Mais qui sait si cette dernière n'est pas morte depuis longtemps... Sa Constitution réécrite (la 'règle d'or' de M. Sarkozy n'impose-t-elle pas des garanties financières?) la corruption de ses élites, les arrangements commerciaux, ses lois remaniées chaque jour, et l'Europe elle-même l'auront réduite à néant, sans révolution, à l'usure...  

De fait, une carte événementielle peut sembler refléter un climat général parfaitement serein (comme celle du 22 Avril) et pourtant révéler des tensions sous-jacentes assez extrêmes lorsqu'on la situe dans un contexte plus précis, en multipliant les points de référence. Il en va de même pour les cartes natales des candidats à cette élection présidentielle, que nous allons donc étudier en détail de la même manière.







             






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